Politique RDC : ouverture d’un colloque international sur la reconnaissance des génocides congolais
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RDC : ouverture d’un colloque international sur la reconnaissance des génocides congolais

Ministre de l'Enseignement supérieur et Universitaire, Marie-Thèrese Safi Sombo— crédit photo: Cellcom ESU
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 29 JUILLET 2025 - 16:11 WAT · 3 min de lecture

Les travaux du colloque international consacré à la reconnaissance des génocides commis sur le territoire de la République démocratique du Congo (RDC) se sont ouverts ce mardi 29 juillet à Kinshasa. L’événement réunit experts, chercheurs, universitaires et représentants du gouvernement, autour d’une thématique sensible et cruciale pour la mémoire nationale.

Organisé conjointement par la Commission Internationale Africaine des Victimes des Atrocités et Réparations (CIA-VAR) et le Fonds National de Réparation des Victimes (FONAREV), ce rendez-vous inédit ambitionne de jeter les fondations d’un processus de reconnaissance, de mémoire et de justice pour les crimes à caractère génocidaire commis en République Démocratique du Congo.

Pendant trois jours, apprend-on sur le compte X du FONAREV, chercheurs, universitaires, juristes, institutions publiques et acteurs de la société civile vont croiser leurs analyses et expériences afin de documenter les crimes, examiner leur qualification juridique, et explorer les voies d’une reconnaissance nationale et internationale.

La cérémonie d’ouverture s’est tenue dans une atmosphère de gravité et de solennité. Elle a été marquée par les allocutions de la Ministre de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, Marie-Thérèse Safi Sombo, qui a salué l’initiative comme « un pas décisif vers la réparation des mémoires brisées ».

« Au nom du Président de la République, j’invite chacun à prendre une part active à ces travaux », a-t-elle déclaré, appelant les participants à transformer chaque panel en un espace de conscience politique et de réflexion collective sur les drames qui ont endeuillé le pays.

Colloque international sur la reconnaissance des génocides en République Démocratique du Congo, avec des intervenants sur scène et un écran en arrière-plan.

Pour sa part, M. Paul Nsapu Mukulu, Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), a insisté sur la nécessité d’« écrire l’histoire avec lucidité pour ne plus jamais la subir ».

Trois leçons inaugurales majeures ont ensuite donné le ton des travaux :

M. André Miroir est revenu sur la violence coloniale au Congo, en soulignant l’importance de ne pas occulter les racines historiques des traumatismes actuels ;

Pr. Isidor Ndaywel a présenté la longue histoire tragique du peuple congolais, depuis les pillages de la traite négrière jusqu’aux conflits contemporains ;

Un groupe de participants au colloque international en RDC, debout, lors de la cérémonie d'ouverture, montrant des expressions de gravité et de respect.

Pr. Ivon Mingashang a abordé le tabou des actes à caractère génocidaire en RDC, plaidant pour une levée des silences institutionnels et sociaux autour de cette question.

Ce colloque se veut une étape fondatrice. Il s’agit de transformer les souffrances passées en moteur de vérité, de reconnaissance et de dignité pour les victimes, leurs familles et la mémoire collective congolaise.

« Ce que nous faisons ici, c’est écrire l’histoire avec le langage de la justice », a résumé une participante, juriste internationale venue du Rwanda.

Groupe de participants au colloque international sur la reconnaissance des génocides en République Démocratique du Congo, posé devant une bannière de l'événement.

Les regards sont désormais tournés vers les conclusions attendues à l’issue des travaux, dans l’espoir qu’elles serviront de base à un plaidoyer fort pour la reconnaissance des génocides en RDC, longtemps ignorés par la communauté internationale.

Samuel Nakweti

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