Politique RDC–Rwanda : la justice absente du texte, mais au cœur du processus, selon Thérèse Wagner
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RDC–Rwanda : la justice absente du texte, mais au cœur du processus, selon Thérèse Wagner

La ministre d'Etat des Affaires Étrangères Thérèse Kayikwamba devant les journalistes lors d'un Briefing presse. Photo : Ministère des Affaires étrangères
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 JUILLET 2025 - 21:07 WAT · 4 min de lecture

Face aux nombreuses interrogations suscitées par l’accord de paix récemment signé entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, la Ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, et le Ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, ont apporté des clarifications lors d’un briefing conjoint tenu ce jeudi sur les antennes de la RTNC.

Au centre des préoccupations : l’absence apparente d’un volet consacré à la justice dans ce texte qualifié de « tournant historique » par les autorités. Un vide qui suscite scepticisme et vigilance dans l’opinion publique.

« Ce n’est pas un accord qui prétend régler tous les problèmes », a d’emblée précisé Thérèse Wagner, rappelant qu’il s’agit avant tout d’un compromis politique entre deux États souverains. Loin de toute prétention à l’exhaustivité, l’accord s’inscrit selon elle dans une dynamique diplomatique plus large, « un écosystème d’initiatives » visant à rétablir la paix et à restaurer la confiance régionale.

« La justice n’est pas absente, elle suit un autre chemin : celui des enquêtes, du débat public, et des mécanismes internationaux », a-t-elle insisté. Pour illustrer son propos, la ministre a évoqué la récente résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui prévoit l’envoi d’une commission d’enquête internationale sur les crimes commis dans l’Est de la RDC — un signal fort que la quête de vérité reste d’actualité.

Un choix diplomatique, non un abandon des responsabilités

Thérèse Wagner a également tenu à contrer toute lecture cynique ou minimaliste de l’accord. « Il ne s’agit pas d’humilier un partenaire, ni de blanchir des responsabilités. Les faits sont connus, les rapports sont accablants. Mais la justice exige un cadre solide, cohérent, capable de garantir la non-répétition des crimes », a-t-elle déclaré.

Selon elle, cette démarche traduit une volonté de construire la paix sans tourner le dos à la justice, en tenant compte des réalités politiques et diplomatiques.

Une vision présidentielle axée sur la stabilité régionale

Prenant la parole, Patrick Muyaya a replacé cet accord dans la vision du Président Félix Tshisekedi, notamment exprimée lors de son récent discours à Washington. « Cet engagement est le prolongement d’une stratégie claire : renforcer l’intégration régionale et favoriser une prospérité partagée », a-t-il souligné.

Le porte-parole du gouvernement a reconnu les défis qui entravent la pleine mise en œuvre des mécanismes de justice transitionnelle, tout en appelant à une mobilisation collective. « La paix est un processus fragile. Elle nécessite des actes concrets : justice, mémoire, réparation. C’est un effort à la fois politique, citoyen et institutionnel. »

Entre realpolitik et exigence de justice : un message d’équilibre

En optant pour une communication conjointe, le gouvernement congolais cherche à rassurer : si la justice ne figure pas explicitement dans l’accord, elle demeure néanmoins au cœur de la démarche. Les autorités affirment leur volonté de construire une paix durable fondée sur la vérité, la réparation et la réconciliation.

Ce positionnement marque un équilibre délicat entre la nécessité de compromis diplomatiques et l’attente légitime des victimes de violences. Une manière de dire que la paix ne doit pas être synonyme d’impunité, mais le prélude à une justice rendue, dans un cadre crédible et soutenu par la communauté internationale.

Gilbert N.

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