Politique RDC : Tshisekedi exige des mesures urgentes après les tragédies fluviales
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RDC : Tshisekedi exige des mesures urgentes après les tragédies fluviales

RDC : Tshisekedi exige des mesures urgentes après les tragédies fluviales
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 20 SEPTEMBRE 2025 - 07:31 WAT · 4 min de lecture

Face à la recrudescence des naufrages ces dernières semaines en République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a, lors du Conseil des ministres du vendredi 19 septembre, appelé à un renforcement immédiat des mesures de prévention et de sécurité sur les voies navigables.

Plusieurs drames récents, dont celui survenu les 10 et 11 septembre au confluent des rivières Nsolo et Maringa, dans le territoire de Basankusu (province de l’Équateur), ont endeuillé le pays, causant la mort de nombreux Congolais, en majorité des élèves.

Dans la nuit du 10 septembre 2025, une pirogue motorisée dénommée Bokenda, partie du secteur de Waka pour Basankusu-centre, a chaviré au confluent des rivières Nsolo et Maringa. Plus d’une centaine de passagers, dont une majorité d’élèves, auraient péri. Seules huit personnes ont pu être sauvées par des riverains.

Les premières causes avancées sont la surcharge de l’embarcation et la navigation de nuit, pourtant interdite. Un autre naufrage, presque simultané, a été signalé sur le fleuve Congo, dans le territoire de Lukolela. Ce double drame vient s’ajouter à une série d’accidents fluviaux meurtriers dans la province.

Selon l’Agence Congolaise de Presse (ACP), le naufrage de la baleinière Bokenda, qui transportait 129 personnes, a fait 10 morts (sept femmes et trois hommes), 25 disparus et 96 rescapés.

Lors du Conseil des ministres, le président Tshisekedi a présenté ses condoléances aux familles des victimes et exigé l’ouverture d’enquêtes rigoureuses pour établir les responsabilités. Il a rappelé que chaque acteur — État, autorités locales, opérateurs privés et communautés — porte une part de responsabilité dans la prévention des risques. Le chef de l’État a par ailleurs instruit le vice-premier ministre en charge des Transports de dresser rapidement un état des lieux complet de la navigation fluviale et lacustre.

Le président a ordonné le renforcement des mesures existantes, notamment la fermeture des embarcadères clandestins, la traçabilité des bateaux, l’application stricte de l’interdiction de la navigation nocturne et le respect des normes de sécurité. Il a également préconisé des campagnes de sensibilisation à l’intention des opérateurs et des populations riveraines, l’acquisition de bateaux modernes et sécurisés, ainsi que le renforcement des capacités techniques et logistiques de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) et de la Régie des Voies Fluviales (RVF).

Les ministres en charge des Affaires sociales ont, quant à eux, été chargés de prendre en charge les victimes, avec le soutien éventuel des partenaires, et de présenter un rapport sur l’évolution des mesures adoptées lors du prochain Conseil des ministres.

Ces tragédies s’ajoutent à une série d’accidents fluviaux majeurs. Le 11 juin dernier, un naufrage sur le lac Tumba, près de Bikoro, avait déjà impliqué trois pirogues motorisées et causé la mort de 48 personnes, tandis que 46 rescapés avaient été retrouvés et qu’une centaine de passagers restaient portés disparus. Là encore, surcharge et mauvaises conditions météorologiques avaient été pointées du doigt.

Au-delà de ces drames médiatisés, de nombreux incidents, moins relayés, surviennent régulièrement dans les provinces disposant d’un vaste réseau fluvial. Les causes récurrentes sont connues : surcharge, absence de gilets de sauvetage, navigation nocturne illégale, embarcadères clandestins et faiblesse du contrôle étatique.

L’enjeu est majeur pour la RDC, où rivières et lacs demeurent essentiels au transport de personnes, de biens et notamment d’élèves, dans des zones où les routes sont impraticables.

Pour prévenir de nouvelles catastrophes, plusieurs pistes se dessinent : un renforcement institutionnel avec des sanctions réellement dissuasives ; l’application stricte de la réglementation (interdiction de la navigation nocturne, port obligatoire du gilet de sauvetage, assurance des embarcations, formation des capitaines) ; la modernisation du parc fluvial avec des bateaux adaptés et équipés ; la sensibilisation des communautés riveraines sur les comportements sûrs ; l’amélioration des dispositifs de secours et de la coordination entre autorités locales et nationales.

Autant de réformes que le président Tshisekedi veut voir mises en œuvre sans délai pour mettre fin à l’hécatombe sur les eaux congolaises.

Gilbert N.

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