Grand angle Tribune: « Ewanga s’est mordu la queue »

Tribune: « Ewanga s’est mordu la queue »

Patrick Kalimba, lecteur de POLITICO.CD, revient sur  la sortie de l'ancien Secrétaire général de l'Union pour la Nation Congolaise (UNC), Jean-Bertrand Ewanga, qui s'est littéralement attaqué à l'opposant Vital Kamerhe, l'accusant notamment d'avoir un ego vis-à-vis de Moïse Katumbi.

Tribune: « Ewanga s’est mordu la queue »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 29 AOÛT 2017 - 21:56 WAT · 4 min de lecture

Cher monsieur Ewanga,

Tout le monde a encore frais en mémoire votre départ bruyant de l’UNC, marqué par une série de récriminations adressées à monsieur Vital Kamerhe. Or, votre récente interview accordée au média internet Congo Indépendant démontre que les motivations évoquées lors de ce divorce tonitruant avec l’UNC et son chef ne reflétaient en rien la vérité.

Vos propos d’aujourd’hui apportent un éclairage nouveau sur les véritables raisons qui vous ont poussé à rejoindre le camp de Moïse Katumbi.

Deux mandats de gouverneur de province, et deux autres comme député national vous installent confortablement parmi les cadors de la scène politique congolaise. C’est d’ailleurs cette expérience qui vous avait valu d’être élevé au rang de secrétaire général de l’UNC.

Vous êtes donc tout sauf un parvenu en politique ; et vous avez cette capacité nécessaire et suffisamment de jugeote pour apprécier les opportunités avant de fixer votre décision. Cela étant, et malgré toute la bonne foi du monde, on ne comprend toujours pas comment vous avez pu claquer la porte du 3ème parti de l’Opposition (c’est vous qui le dites), et quitté le confortable fauteuil de secrétaire général pour suivre un leader qui ne disposait ni d’un parti politique ; et encore moins d’un programme de gouvernement ?

En affirmant que vous êtes réunis à Bruxelles pour élaborer un programme, vous sous-entendez que votre transfert n’était pas fondé sur une différence idéologique ; et encore moins sur une divergence sérieuse de fond !
Qu’est-ce qui vous a donc poussé à rejoindre l’ex gouverneur du Katanga ? Devons-nous donner raison à ceux qui avaient argué, à l’époque, que ce choix était dicté par le seul appétit de l’argent? Vos déclarations actuelles crédibilisent cette approche.

Alors que vous aviez accusé, en son temps, Vital Kamerhe de collusion avec la Majorité Présidentielle et son chef, on découvre en vous lisant, que la rupture entre Kabila et Kamerhe est profonde ; et que le Chef de l’Etat et son camp ne pardonnent pas au patron de l’UNC certaines prises de position courageuses qui ont sérieusement contrarié leurs plans. Par contre, vos propres propos établissent que c’est plutôt vous qui étiez en intelligence avec le camp présidentiel, qui vous aurait proposé rien moins que la Vice-primature !

En passant, on peut remarquer, à l’avantage de Vital Kamerhe, que les faits dont griefs lui sont faits ; à savoir la dénonciation de l’invasion du sol congolais par les troupes rwandaises et des charniers de Maluku ; ainsi que l’appel à l’insurrection populaire pour faire barrage au projet de violation des articles verrouillés de la Constitution en janvier 2015 sont des actes courageux de nationalisme, qui démontrent le patriotisme et la vision politique de cet homme que certains plaisantins qualifient, comble du ridicule, de traître!

Vous évoquez une question d’ego pour justifier le boycott par Vital Kamerhe des assises de Genval ; mais vous oubliez délibérément de relever le fait que, sorti 3ème de la présidentielle de 2011, le Président de l’UNC avait le droit de prétendre à une préséance protocolaire par rapport à Moïse Katumbi ; et que, les faits étant ce qu’ils étaient, cette considération ne lui était pas garantie à ces assises.

En voulant à tout prix enfoncer Vital Kamerhe, vous n’avez réussi qu’à confirmer son haut degré de nationalisme, et son patriotisme. De même, vous l’avez lavé de toute accusation d’accointance coupable avec le régime de Kabila.
Mais en même temps, monsieur Ewanga, vous avez conforté sans le vouloir, votre réputation de personne versatile, et sensible à l’appel de l’argent ; ce qui ne vous honore pas !

Comme toujours, la vérité a fini par venir à bout du mensonge ; et remettre les pendules à l’heure.

Au moment où vous cherchez enfin à concocter un programme, Vital Kamerhe occupe le terrain, et parcourt tout le pays à la rencontre des Congolais de toutes conditions ; et dans n’importe quelle situation. Demain, ce peuple se souviendra de lui, et il capitalisera ce pragmatisme politique dans les urnes.

A trop parler, vous vous êtes mordu la queue, monsieur.

Patrcik Kalimba

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B
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