Économie Budget 2027 : ce que sept ministères ont demandé à Adolphe Muzito
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Budget 2027 : ce que sept ministères ont demandé à Adolphe Muzito

Les consultations sur les enveloppes se sont tenues du 2 au 4 septembre. Trois des sept demandes publiées visent l’écart entre ce qui est voté et ce qui est décaissé. Ni la Défense ni la Santé n’y figurent.

Première Ministre Judith Suminwa Tuluka aux côtés des ministres des Finances et du Budget et membres de leurs cabinets dans une réunion consacrée à la mission préparatoire du FMI en RDC. Crédit photo: primature-RDC.
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 6 SEPTEMBRE 2026 - 09:45 WAT · 5 min de lecture

Neuf jours avant le dépôt du projet de loi de finances 2027 au Parlement, le vice-Premier ministre en charge du Budget a reçu les ministères un par un. Les consultations sur les enveloppes de l’avant-projet ont commencé le mercredi 2 septembre 2026 à Kinshasa et se sont tenues jusqu’au 4 septembre.

Ces séances sont la dernière étape avant l’arbitrage. Elles disent ce que chaque secteur estime devoir obtenir, et à quel titre. Sept demandes ont été rendues publiques par le ministère du Budget. Aucune n’est chiffrée en montant.

Sept secteurs, sept motifs

Le communiqué du ministère écrit qu’Adolphe Muzito « a entamé mercredi 2 septembre 2026, une série de consultations avec les responsables des différents secteurs sur les enveloppes budgétaires proposées dans le cadre de l’élaboration de l’avant-projet de loi de finances 2027 ».

  • Affaires sociales, action humanitaire et solidarité nationale : la ministre Eve Bazaïba plaide pour une augmentation de la dotation au regard des besoins humanitaires, en insistant sur l’exécution effective des crédits alloués.
  • Personnes vivant avec handicap : la ministre déléguée Irène Esambo sollicite une amélioration des crédits et rappelle le recrutement de 2 037 personnes vivant avec handicap dans l’administration publique, dont la mécanisation n’est pas encore effective.
  • Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté : la ministre d’État Raïssa Malu met l’accent sur les conditions sociales des enseignants et des personnels administratifs.
  • Intégration régionale : le ministre Floribert Anzuluni fait valoir les besoins liés à la présidence congolaise de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
  • Secrétariat général du gouvernement : Jean Hubert Ekumbaki demande les crédits liés aux réunions du Conseil des ministres et aux déplacements en provinces.
  • Transports : le secrétaire général Pierrot Nie plaide pour l’accroissement des ressources propres du secteur, la digitalisation et l’investissement comme levier de recettes.
  • Formation professionnelle, Jeunesse, Pêche et Élevage : demandes d’augmentation de crédits.

Deux mille trente-sept recrutés sans mécanisation

La demande de la ministre déléguée chargée des Personnes vivant avec handicap est la seule à porter un chiffre, et elle décrit un mécanisme précis. Le recrutement de 2 037 agents a eu lieu ; leur mécanisation, c’est-à-dire leur inscription au fichier de paie de l’État, ne l’est pas.

Un agent recruté et non mécanisé travaille sans être payé par le Trésor. La demande porte donc moins sur une politique nouvelle que sur l’achèvement d’une décision déjà prise.

La même logique traverse la demande de l’Éducation nationale, qui porte sur les conditions sociales des enseignants, et celle des Affaires sociales, qui porte explicitement sur « l’exécution effective des crédits alloués ». Trois des sept demandes visent ainsi l’écart entre ce qui est voté et ce qui est décaissé, plutôt que le montant voté lui-même.

Ce que le cadrage a déjà fixé

Les enveloppes discutées lors de ces consultations s’inscrivent dans un cadre déjà arrêté. Le cadre budgétaire à moyen terme retient 41 602 milliards de francs congolais de recettes pour 2027. Le Gouvernement a par ailleurs annoncé le 1er août viser un budget de 18 milliards de dollars pour l’exercice, après une loi de finances 2026 adoptée à 20,3 milliards.

Le taux de change retenu pour la conversion des recettes est de 2 413,70 francs pour un dollar. Le franc s’échangeait à 2 261,80 francs pour un dollar au 4 septembre 2026, soit 6,7 % en dessous de l’hypothèse budgétaire.

Les indicateurs monétaires publiés par la Banque centrale du Congo donnent un taux directeur de 12,50 %, après deux baisses en 2026, et une inflation en glissement annuel de 3,36 % à la fin août.

Le calendrier constitutionnel

Le projet de loi de finances doit être déposé au Parlement au plus tard le 15 septembre, jour de l’ouverture de la session ordinaire. C’est la date qui borne l’ensemble de l’exercice : l’avant-projet issu de ces consultations devient un projet, arbitré en Conseil des ministres, puis déposé.

Le dernier compte rendu de Conseil des ministres publié par la Primature est celui de la 96e réunion ordinaire, tenue le 14 août 2026. Aucun n’a été publié depuis pour la période du 1er au 6 septembre.

Le précédent immédiat est connu : le projet de loi de finances 2026 avait été déposé par la Première ministre Judith Suminwa le 15 septembre 2025, jour de l’ouverture de la session.

Deux secteurs absents de la liste

La liste des demandes rendues publiques ne comprend ni la Défense ni la Santé publique, les deux postes sur lesquels l’exercice en cours a le plus dérivé.

Les dépenses de sécurité avaient augmenté de 119,2 % sur un an, pour atteindre environ 3,9 milliards de dollars, selon les éléments présentés lors de la mission du Fonds monétaire international d’avril et mai 2026. Le plan gouvernemental de riposte à Ebola pour les six prochains mois est chiffré à 1,3 milliard de dollars, couvrant le travail de tous les partenaires.

Ces deux montants ne figurent dans aucune des sept demandes publiées. Le communiqué du ministère du Budget ne dit pas si ces secteurs ont été reçus.

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B
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