Zénon Mukongo Ngay, le juriste qui porte la voix du Congo au Conseil de sécurité
Représentant permanent de la RDC à l'ONU et président du Conseil de sécurité en juillet, Zénon Mukongo Ngay est un juriste ancré dans les enceintes multilatérales depuis près de 30 ans. Portrait.
Zénon Mukongo Ngay, le juriste qui porte la voix du Congo au Conseil de sécurité
AFP
Le 1er juillet, la RDC a pris pour un mois la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies. À la manœuvre, un homme qui connaît la maison mieux que personne : Zénon Mukongo Ngay, représentant permanent du pays à New York. Juriste de formation, il a passé l’essentiel de sa carrière dans les enceintes multilatérales.
Son ancrage onusien est ancien. Entré dans la fonction publique en 1997 comme chargé d’études au cabinet du ministre des Affaires étrangères, il rejoint dès 1998 la Mission permanente de la RDC auprès des Nations unies à New York, où il reste jusqu’en 2015. Il dirige ensuite la mission congolaise auprès de l’ONU à Genève, de 2015 à 2020.
De retour à Kinshasa, il occupe des fonctions au plus près du pouvoir. Rapporteur principal au cabinet du président durant la présidence congolaise de l’Union africaine, en 2021 et 2022, puis directeur de cabinet du vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, il est nommé, en juillet 2023, représentant permanent à New York. Un poste taillé pour un homme qui a fait des tribunes internationales son terrain.
À l’ONU, il a fait de la dénonciation de l’agression rwandaise sa ligne de front. En avril 2026, devant le Conseil, il a fustigé une « idéologie génocidaire rwandaise » qu’il juge « incompatible avec l’ADN du Congolais ». Son reproche revient comme une antienne : l’inaction d’un Conseil qui, selon Kinshasa, parle plus qu’il n’agit.
La présidence de juillet lui offre une tribune. Il l’a ouverte en conduisant les dialogues du Conseil avec les candidats à la succession d’António Guterres, et compte s’en servir pour maintenir les dossiers congolais sous les projecteurs : sanctions contre le M23, protection des civils, agression armée.
Reste la limite de l’exercice. Un mois de présidence tournante ne renverse pas les rapports de force, et la diplomatie congolaise sait que la partie se joue aussi ailleurs. Mais en plaçant l’un de ses vétérans au perchoir, la RDC mise sur l’expérience d’un homme qui, depuis près de trente ans, plaide la même cause dans la même maison.