Sports 1974-2026 : du Zaïre humilié aux Léopards ressuscités, le retour gagnant de la RDC
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1974-2026 : du Zaïre humilié aux Léopards ressuscités, le retour gagnant de la RDC

Du seul précédent mondial du Zaïre en 1974 au premier seizième de finale de l'histoire des Léopards : récit d'une renaissance.

1974-2026 : du Zaïre humilié aux Léopards ressuscités, le retour gagnant de la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 1 JUILLET 2026 - 14:17 WAT · 3 min de lecture

Gelsenkirchen, 22 juin 1974. Sur un coup franc brésilien, un défenseur zaïrois jaillit du mur et dégage le ballon au loin, avant même que l’arbitre n’ait sifflé. Mwepu Ilunga passera à la postérité pour ce geste, longtemps moqué et résumé à une prétendue méconnaissance des règles. La réalité était tout autre : ce jour-là, le Zaïre jouait sous la peur et la colère.

Première nation d’Afrique subsaharienne qualifiée pour une Coupe du monde, le Zaïre de Mobutu Sese Seko découvrait l’Allemagne de l’Ouest avec les honneurs. Il en repartira sans gloire : trois défaites, aucun but marqué, quatorze encaissés, éliminé dès le premier tour.

Le naufrage de Gelsenkirchen

La déroute a une explication que l’histoire officielle a longtemps tue. Avant le match contre la Yougoslavie, les joueurs, privés des primes retenues par le pouvoir, avaient songé à ne pas entrer sur le terrain. « Le jour du match contre la Yougoslavie, on s’est parlé au petit-déjeuner et on s’est dit : puisque c’est comme ça, on ne joue pas. Deux heures avant le coup d’envoi, on ne voulait toujours pas jouer », racontera Mwepu Ilunga. Ils joueront, et s’inclineront 9-0.

La défaite, humiliante, deviendra un symbole détourné, celui d’une Afrique que l’on tourne en dérision. Elle masquait la pression d’un régime qui avait fait du football un instrument de prestige, et lâché ses joueurs quand l’argent a manqué. Le geste de Mwepu Ilunga contre le Brésil, tant raillé, était d’abord celui d’hommes à bout de nerfs.

Cinquante-deux ans de silence

Puis vint le long désert. Le pays a changé de nom, traversé des guerres à répétition, vu sa fédération s’enliser dans les crises, et manqué rendez-vous après rendez-vous. La génération de 1974 vieillissait pendant que le rêve mondial s’éloignait, jusqu’à sembler inaccessible.

La reconstruction est venue par étapes. En 2023, les Léopards atteignaient les demi-finales de la Coupe d’Afrique des nations, terminant quatrièmes, premier vrai signal d’un réveil. Puis vint la campagne de qualification pour 2026 : le Cameroun et le Nigeria écartés, avant un barrage intercontinental gagné face à la Jamaïque.

La renaissance de 2026

Au Mondial, la RD Congo a tenu le Portugal en échec (1-1) pour son entrée, avant de renverser l’Ouzbékistan (3-1) alors qu’on la disait déjà éliminée. Pour la première fois de son histoire, elle atteint la phase à élimination directe. À Atlanta, elle défie l’Angleterre en seizièmes de finale, sur la même terre américaine où son supporter emblématique, « Lumumba Vea », n’a pu la rejoindre, faute de visa.

L’état d’esprit, lui, a changé de camp. « On n’a pas grand-chose à perdre », résume le sélectionneur Sébastien Desabre. Là où 1974 fut une entrée sans lendemain, arrachée dans l’humiliation, 2026 est devenu une renaissance.

Cinquante-deux ans après le mur de Gelsenkirchen, les Léopards ne jouent plus sous la peur. Ils jouent pour l’histoire. Suivez le seizième de finale en direct.

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B
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