Banques et finances Marché financier : la future Bourse de Kinshasa cotera aussi en franc congolais dès 2027
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Marché financier : la future Bourse de Kinshasa cotera aussi en franc congolais dès 2027

La future Bourse des valeurs mobilières de Kinshasa cotera aussi en franc congolais dès 2027. Une double cotation encore suspendue à la loi et au calendrier.

Marché financier : la future Bourse de Kinshasa cotera aussi en franc congolais dès 2027
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 9 JUILLET 2026 - 22:38 WAT · 4 min de lecture

Les entreprises congolaises pourront lever des capitaux en monnaie nationale, et pas seulement en dollar, quand la première place boursière du pays ouvrira ses portes à l’horizon 2027. La future Bourse de Kinshasa cotera ses titres aussi en franc congolais, un choix qui donne au projet une portée monétaire autant que financière.

La République démocratique du Congo n’a jamais disposé d’une Bourse formelle. L’activité de marché s’est limitée jusqu’ici aux bons du Trésor, à quelques obligations d’entreprises et à des placements privés, sous la supervision de la Banque centrale du Congo (BCC) et du ministère des Finances. Le projet vise à combler ce vide: offrir aux sociétés un lieu pour émettre actions et obligations, et aux épargnants un moyen d’y souscrire.

Le cadre légal avance. Le projet de loi relatif aux marchés financiers et à la création de la Bourse de Kinshasa, surnommé dans les milieux financiers « Loi Doudou Fwamba », a été adopté par l’Assemblée nationale avant d’être transmis au Sénat, qui l’a déclaré recevable à l’unanimité sous réserve d’amendements. Le texte institue une autorité des marchés chargée de superviser les différents segments, d’agréer les admissions à la cote et de protéger les investisseurs. Il prévoit une bourse des matières premières dédiée aux produits agricoles, miniers et industriels.

Pour accompagner cette construction, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a signé le 18 juin 2026, au Centre financier de Kinshasa, un accord de coopération avec la Société financière internationale (SFI), filiale du Groupe de la Banque mondiale dédiée au secteur privé. En présence du directeur pays de la SFI, Malick Fall, les deux parties ont arrêté six chantiers: cadre réglementaire, infrastructures de marché, renforcement des capacités, partage d’expertise, élargissement de la base d’investisseurs et accompagnement des premières opérations. La démarche s’inscrit dans la vision portée par le président Félix Tshisekedi de moderniser le système financier et de diversifier les sources de financement de l’économie. Pour Malick Fall, des marchés financiers solides forment un levier pour mobiliser des financements de long terme et soutenir le secteur privé.

Le choix d’ouvrir la cotation au franc congolais porte une intention monétaire. Dans un pays où le dollar sert de référence aux prix et à l’épargne, le président Tshisekedi et son gouvernement veulent faire de la monnaie nationale un instrument de placement, et non plus seulement de paiement. Les premières sociétés attendues à la cote viendraient du secteur minier, moteur de l’économie: la RDC est le premier producteur mondial de cobalt et le deuxième de cuivre, le lithium complétant le tableau. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, le secteur extractif a pesé 37,90 % du produit intérieur brut en 2023 et 99,57 % des exportations. Le ministre y voit un levier d’actionnariat populaire. « Nous voulons que les Congolais puissent posséder une part des entreprises qui font tourner l’économie de ce pays », a-t-il déclaré début juillet.

Cette réforme boursière ne progresse pas seule. La BCC a engagé un train de mesures pour réhabiliter le franc dans les circuits domestiques. À partir du 9 avril 2027, les transactions en espèces en devises étrangères doivent être interdites sur le territoire national. En mai 2026, la Banque centrale avait déjà lancé le module B-Match de Bloomberg FXGO, destiné à moderniser le marché des changes et à établir un taux indicatif fondé sur les opérations réelles entre banques. Le calendrier de la future Bourse épouse celui d’une reconquête monétaire.

Le pari se jouera sur la liquidité. Une place ne devient utile que si les titres s’échangent sans friction, à des prix lisibles, avec une information fiable et assez d’acheteurs. La proximité du marché pourrait donner aux Congolais un accès direct à des titres aujourd’hui négociés à Londres, Toronto ou Johannesburg, mais une action cotée à Kinshasa resterait accessible à un fonds étranger comme à un particulier local. Aucun calendrier d’opérationnalisation n’a été rendu public, et l’adhésion des grands groupes miniers, du suisse Glencore au canadien Ivanhoe Mines, n’est pas acquise.

D’ici l’ouverture annoncée, le franc congolais devra prouver qu’il peut porter autre chose que des billets: la confiance d’un marché.

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B
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