Politique Accord entre Tshisekedi et Kabila: Nangaa partout sauf là où on l’attendait
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Accord entre Tshisekedi et Kabila: Nangaa partout sauf là où on l’attendait

Accord entre Tshisekedi et Kabila: Nangaa partout sauf là où on l’attendait
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 SEPTEMBRE 2023 - 10:30 WAT · 7 min de lecture

Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a affirmé avoir été co-rédacteur d’un accord politique entre l’actuel Président congolais et son prédécesseur, Joseph Kabila. Qui de mieux parce que c’est bien lui qui a proclamé Félix Tshisekedi vainqueur des élections controversées de 2018.

Initialement, cette déclaration avait pour objectif de contredire les propos tenus par le Président Tshisekedi en marge de son séjour à New-York aux États-Unis d’Amérique dans le cadre de la 78ème session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Devant la presse à New York, Félix Tshisekedi a affirmé mardi 19 septembre qu’il n’y avait « jamais eu d’arrangement frauduleux » lors de la présidentielle de 2018.

« Par ses affirmations contraires à la vérité qu’il détient et qu’il connaît dans son intime conviction, le Président Félix Tshisekedi a délibérément choisi la voie des contrevérités sur un fait historique de haute portée. Il a simplement menti et il le sait », a vite réagi Corneille Nangaa, accusant Félix Tshisekedi de faire le choix de rouvrir les placards pour exposer les secrets d’État, à trois mois de l’élection présidentielle.

« Un accord politique existe bel et bien. Il a précédé la publication des résultats définitifs. J’en suis l’un des co-rédacteurs. Cet accord inaltérable a été signé devant témoins, par le Président Tshisekedi et son prédécesseur. L’accord politique “ACCORD POUR LA STABILITÉ DE LA RÉPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO” a été certifié et validé par trois Chefs d’État africains – avec le statut leur reconnu par les deux parties- qui l’ont félicité du fait qu’il (Accord) a permis la première passation du pouvoir sans effusion de sang en RDC. Quoique œuvre humaine et donc imparfaite, l’accord politique pour la stabilité de la République Démocratique du Congo a le mérite historique d’avoir favorisé, tant soit peu, la toute première alternance politique en République Démocratique du Congo. Sur pied dudit accord politique, des institutions de la République ont été installées, cas du gouvernement (Ordonnance N° 19/056 du 20 mai 2019 portant nomination du Premier Ministre Ilunga Ilunkamba ); de la composition des bureaux de l’Assemblée nationale et du Sénat », a poursuivi l’ancien président de la centrale électorale.

Du déjà entendu

Cependant, cette sortie médiatique de celui qui, après son mandat à la CENI s’est présenté comme opposant au régime au pouvoir après la création de son parti politique n’a visiblement pas convaincu plus d’un congolais. En effet, à bien cerner les lignes de son communiqué, Corneille Nangaa n’a jamais contredit la déclaration de Félix Tshisekedi qui reconnaît l’existence d’un « accord de gouvernance » signé à l’aube de publication des résultats qui l’ont porté à la tête de la République démocratique du Congo.

Nangaa Yobeluo est celui qui avait annoncé la victoire de Tshisekedi à la présidentielle de 2018 en RDC face notamment à l’opposant Martin Fayulu, qui conteste toujours les résultats. Ancien président de la Commission électorale nationale indépendante, Nangaa a annoncé son exil vers le Ghana estimant être en possession des informations sur le fameux « deal » qui aurait été signé en 2019 entre Kabila et son successeur pour la première alternance démocratique en RDC depuis l’indépendance.

« Les élections de 2018 auront été celles qui ont permis la toute première alternance pacifique au sommet de l’État, sans crépitement de balles. Nous avons en RDC un ancien président, qui peut vivre librement dans son pays, et un nouveau, qui lui, est chargé de la conduite de l’État. Il ne sert à rien de dire sans cesse que ces élections ont été controversées. C’est dangereux et cela ne veut rien dire. La controverse est une denrée ordinaire, qui nourrit la polémique autour des résultats de toute compétition électorale. Même aux États-Unis, les résultats des élections font l’objet de controverse », avait déclaré Corneille Nangaa dans une interview accordée à Jeune Afrique.

Plus tard sur une chaîne de télévision locale, l’ancien président de la CENI a éclairé ses propos et précisé que l’accord dont il parlait était « un accord de gouvernance » entre le Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila et le Cap pour le changement (Cash) de Félix Tshisekedi pour la composition d’un gouvernement qu’avait dirigé Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

« Grâce à Dieu, j’étais aux premières loges lors de cette alternance. Un accord politique a été conclu et je demeure convaincu qu’il ne faut pas le jeter dans les poubelles de l’histoire, parce qu’il a sauvé le pays d’un possible bain de sang », avait-il explicité sans détailler.

D’ailleurs lors de son sermon à New-York, Félix Tshisekedi reconnaît avoir été contacté par le cercle restreint de l’ancien Président non pas pour négocier le pouvoir. A l’en croire, ses rencontres avec Néhémie Mwilanya, directeur de cabinet de Joseph Kabila et Raymond Tshibanda, ancien chef de la diplomatie congolaise, ont débouché à la signature d’un « accord de gouvernance » matérialisé par la création de la coalition FCC-CACH.

« Et parce que j’aime parler avec les évidences, j’en veux pour preuve, deux personnalités qui sont encore vivantes aujourd’hui à savoir monsieur Raymond Tshibanda et le directeur de cabinet de mon prédécesseur maître Néhémie Mwilanya. Après les résultats des élections, Raymond Tshibanda m’avait contacté et d’entrée de jeux lorsque nous nous sommes vus, je lui ai dit: cher grand frère si vous m’avez appelé ici pour trouver un arrangement afin que je devienne le Premier ministre de votre candidat Emmanuel Shadary, c’est niet parce que moi j’ai gagné les élections, je le sais, j’ai les résultats et je n’entrerai pas dans ce scénario », a argué Félix Tshisekedi avant de préciser « qu’ il m’a tout de suite rassuré en disant que les résultats on peut en discuter, chacun a ses résultats ».

Nangaa partout sauf là où on l’attendait

Au grand dam des congolais, l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est visiblement perdu dans les élucubrations. Attendu pour publier le fameux «accord » entre Tshisekedi et Kabila, Nangaa est, en dépit de son français académique choisi pour la rédaction de son communiqué, censé être la réponse à ce qu’il a qualifié de contrevérité, revenu sur ce qui est connu de tous. Comme qui dirait attendre l’avion au port de Matadi.

« Habitué aux parjures et au reniement, le Président Félix Tshisekedi ne doit pas se croire continuellement malin après avoir floué ses partenaires de Genève, de Nairobi et de l’Union Sacrée. En homme d’État et après 5 années de gouvernance aléatoire de la République sur fond de scandales à répétition, de tensions et de violations intempestives de la Constitution et des droits humains, aucune urgence médiatique ne pouvait démanger le Président de la République, Chef de l’État et Magistrat Suprême au point de chercher à condimenter voire même à jeter des balayures par d’incroyables galéjades sur cette page sacrée de l’histoire de notre pays Mensonges d’Etat. L’accord politique existe bel et bien et il devra être rendu public », a martelé l’opposant Nangaa.

En attendant, Félix Tshisekedi qui affirme avoir remporté la présidentielle haut la main face au candidat de Kabila et Martin Fayulu arrivé deuxième, fort des résultats qu’il détient, a demandé à qui parle d’accord « frauduleux » de présenter les preuves.

Carmel NDEO

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