Agression rwandaise: accord de paix signé à Washington, violence intacte au Nord-Kivu
Agression rwandaise: accord de paix signé à Washington, violence intacte au Nord-Kivu
AFP
Présenté comme « historique », ce texte entend mettre un terme à trois décennies de guerre ayant causé environ six millions de morts. En échange d’un accès privilégié aux richesses minières de la RDC — cobalt, lithium, manganèse — Trump a promis un soutien diplomatique et sécuritaire aux deux parties. Baptisé « accord de Washington », ce plan ouvre, sur le papier, la voie à une ère de stabilité inédite.
Dans une analyse faite par le magazine d’actualité hebdomadaire «The Week», disponible au Royaume-Uni et aux États-Unis, la « méthode Trump » suscite des interrogations. Farouk Chothia, de la BBC, parle d’un « nouveau modèle de paix » mêlant populisme politique et deals économiques.
D’autres observateurs, comme Gershwin Wanneburg sur Al Jazeera, dénoncent une « Conférence de Berlin 2.0 », craignant que l’accord ne serve avant tout les intérêts américains plutôt que les besoins des populations locales.
Sur le terrain, selon ce magazine, la mise en œuvre reste fragile : le spectre du M23 plane toujours, les institutions congolaises demeurent instables et les promesses d’investissements étrangers ont souvent échoué par le passé. Pour certains analystes, l’accord pourrait rapidement se transformer en marché de dupes.
Si Trump espère inscrire cet épisode dans son bilan diplomatique, l’histoire jugera sur pièces : la paix durable se mesurera moins à la signature d’un document qu’aux changements tangibles pour les millions de Congolais qui attendent de voir si ce « coup de maître » est autre chose qu’un mirage.
Samuel Nakweti