Société Assainissement de Kinshasa : le président Tshisekedi félicite les bâtisseurs, le général Kasongo les met en garde le même jour
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Assainissement de Kinshasa : le président Tshisekedi félicite les bâtisseurs, le général Kasongo les met en garde le même jour

Assainissement de Kinshasa : le président Tshisekedi félicite les bâtisseurs, le général Kasongo les met en garde le même jour
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 18 JUILLET 2026 - 13:21 WAT · 3 min de lecture

Le vendredi 17 juillet 2026, Félix Tshisekedi a parcouru l’axe reliant l’échangeur de Limete à l’aéroport international de N’djili pour inspecter les travaux d’assainissement menés par les « bâtisseurs » du Service national. Passant par la place Pascal, le marché de la Liberté et le saut-de-mouton de Debonhomme, dans le district de la Tshangu, le chef de l’État s’est dit satisfait. « Les résultats obtenus en si peu de temps témoignent de votre engagement, de votre sens du devoir et de votre amour pour la Nation », a-t-il déclaré aux équipes, selon la communication présidentielle.

L’agence congolaise de presse, agence officielle, rapporte que ces travaux ont « redonné espoir à la population ». Elle cite un habitant de la Tshangu, Ali Mukanya. « Pendant longtemps, il était difficile d’imaginer qu’un jour nous pourrions circuler dans notre commune sans être confrontés à des tas d’ordures. Aujourd’hui, cette réalité est en train de changer. Les montagnes d’immondices qui faisaient partie du paysage disparaissent progressivement, ce qui redonne de l’espoir à la population. »

Le dispositif est récent. Un premier contingent de six cents bâtisseurs, présentés comme d’anciens membres de gangs urbains rééduqués au Service national, est arrivé à Kinshasa le 21 juin, au terme de quatre rotations aériennes, sur une cible affichée d’environ cinq mille hommes. Les travaux ont été lancés le 15 juillet à Masina-Pascal, sur le boulevard Lumumba, avant de s’étendre à Matete, Limete et N’Djili. Le président a été accompagné dans sa visite par le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national et coordonnateur de la task force, qui lui a présenté l’état d’avancement.

Ce même 17 juillet, le même officier a jugé nécessaire de recadrer publiquement ses hommes, ce qui en dit long sur les débordements que le dispositif suscite. « Ne tracassez pas la population. Je ne veux pas entendre qu’un bâtisseur a attrapé quelqu’un, l’a déshabillé, fouetté ou s’est battu contre qui que ce soit. Vous n’avez pas pour mission d’arrêter les gens », a averti Kasongo Kabwik, rappelant que ces équipes ne disposent d’aucun pouvoir d’interpellation ni de coercition, et que « le bâtisseur qui va mal se comporter sera sanctionné ».

L’avertissement fait écho aux plaintes déjà entendues. Dès le lancement des travaux, des vendeuses de Masina dénonçaient l’usage du fouet et réclamaient des espaces aménagés. « Qu’on nous oriente calmement et qu’on aménage des marchés pour nous », demandait l’une d’elles à Radio Okapi. La satisfaction présidentielle et le rappel à l’ordre du commandant, prononcés le même jour, disent les deux visages d’une opération que le pouvoir met en vitrine tout en devant encadrer les dérives de son propre outil.

Restent, derrière l’image, les questions que ce déploiement laisse ouvertes, sur son financement, sur la base légale de l’envoi de jeunes non condamnés dans une structure paramilitaire, et sur le devenir de ceux qui l’ont précédé, six ans de transferts vers Kaniama Kasese n’ayant jamais donné lieu à un bilan public.

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