Politique Permis biométriques : Bemba défend devant les députés un dispositif que les usagers continuent de juger inaccessible
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Permis biométriques : Bemba défend devant les députés un dispositif que les usagers continuent de juger inaccessible

Le vice premier ministre des Transports a répondu vendredi à l'interpellation du député Emil Saidi Balikwisha. Vingt trois centres prévus, délivrance en vingt quatre heures promise, mais le coût et la couverture restent au centre des critiques.

Jean-Pierre Bemba, ministre des transports. Ph.droits tiers
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 14 JUIN 2026 - 14:55 WAT · 3 min de lecture

KINSHASA — Le vice premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba Gombo, a été auditionné vendredi 12 juin à l’Assemblée nationale sur le déploiement des permis de conduire biométriques à puce. L’interpellation venait du député Emil Saidi Balikwisha, élu de Beni, dans le Nord-Kivu.

Les questions portaient sur l’accessibilité du dispositif, les coûts pour les usagers, les délais de production et la sécurité du processus. Devant les députés, l’ancien chef rebelle reconverti en homme d’État a défendu une réforme qu’il qualifie de modernisation structurante de l’administration congolaise.

Selon les chiffres communiqués par le ministre, vingt-trois sites d’enrôlement et de délivrance sont prévus à travers le pays. Certains fonctionnent déjà, d’autres sont en cours d’installation. Le ministre a affirmé que la numérisation des procédures permet désormais une délivrance du permis dans les vingt-quatre heures après la réussite de l’examen de conduite.

Un écart persistant avec l’expérience des usagers

Cette communication officielle entre en collision frontale avec ce que rapportent les usagers depuis la relance du processus en novembre 2024. Plusieurs députés, dont des élus de la majorité, ont publiquement dénoncé un système qu’ils décrivent comme inaccessible pour les Congolais à revenus modestes. La Commission nationale de prévention routière a lancé une opération de contrôle systématique à Kinshasa le 25 mai, déclenchant une vague de protestations chez les chauffeurs taxi qui jugent le coût du permis prohibitif.

Le dossier des permis biométriques en RDC porte un passif lourd. Le premier marché, attribué dans les années 2010 à des opérateurs liés à l’entreprise belge Semlex, a fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires en RDC comme en Belgique pour soupçons de corruption sur la chaîne d’attribution. L’actuelle relance, présentée comme un nouveau départ par le gouvernement, n’a jamais fait l’objet d’un débat public sur l’identité des opérateurs techniques retenus, sur la grille tarifaire effectivement appliquée aux usagers ni sur le sort des données biométriques collectées.

L’audition de vendredi n’a pas levé ces zones d’opacité. Aucun chiffre actualisé sur le nombre de permis effectivement délivrés depuis novembre 2024 n’a été versé aux députés. La vice présidence de la commission Infrastructures n’a pas non plus annoncé d’auditions complémentaires des opérateurs techniques.

Jean-Pierre Bemba avait pris ses fonctions à la Défense en mars 2023 avant de basculer aux Transports lors du remaniement de mai 2024. Vingt-six mois après son arrivée dans cette administration, le permis biométrique reste l’un des dossiers où l’écart entre la communication gouvernementale et l’expérience usager est le plus visible.

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B
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