Ebola en RDC : plus de 1 000 cas, à peine 1 contact sur 8 suivi
Le ministère de la Santé a recensé 1 003 cas confirmés et 254 décès au 21 juin. L'épidémie de Bundibugyo, dont l'Ituri reste l'épicentre, demeure en phase ascendante ; le suivi des contacts reste le maillon faible.
Ebola en RDC : plus de 1 000 cas, à peine 1 contact sur 8 suivi
AFP
BUNIA — La 17e épidémie d’Ebola a passé un seuil symbolique. Dimanche 21 juin, le ministère de la Santé a fait état de 1 003 cas confirmés et 254 décès depuis le début de la flambée, à la mi-mai. En quarante-huit heures, le décompte officiel est passé de 956 à plus de mille cas, et les autorités situent encore l’épidémie dans une phase ascendante.
Déclarée le 15 mai, la maladie est due à la souche Bundibugyo du virus. L’Ituri en reste l’épicentre, avec des foyers à Bunia et Mongbwalu, et des cas au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Contre cette souche, il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé. La détection clinique est malaisée : beaucoup de malades ne saignent pas, et les premiers symptômes ressemblent à ceux du paludisme, ce qui retarde la prise en charge.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba, refuse de lire la courbe comme un simple emballement. La hausse traduit aussi, selon lui, l’intensification de la recherche active des malades restés invisibles dans les communautés. « Quand on verra que ces barres rouges commencent à devenir stables ou commencent à baisser, en ce moment-là on vous dira : on a atteint le pic, maintenant on est peut-être dans le plateau, on est peut-être dans la décroissance. Mais le travail pour l’instant est continu », a-t-il déclaré lors d’un point presse à Bunia.
La même lecture vient de l’Organisation mondiale de la santé. « Le fait qu’on a une augmentation de cas, ça veut dire que la surveillance épidémiologique a été mise en place et elle commence à donner des résultats. On commence à détecter les cas qui sont dans la communauté », a indiqué Marie-Roseline Belizaire, directrice des urgences de l’OMS.
La riposte a changé d’échelle en un mois. Plus de 500 lits ont été installés, plus de 1 000 relais communautaires déployés, et la capacité des laboratoires est passée d’une vingtaine de tests par jour à plus de 2 000. Les centres de traitement, inexistants au départ, sont aujourd’hui au nombre de neuf.
Le maillon faible reste le suivi des contacts. Avec plus de mille cas confirmés, la liste des personnes à surveiller devrait approcher les 35 000 ; à peine 12 % font l’objet d’un suivi actif, selon Wessam Mankoula, expert du CDC Afrique. Au Nord-Kivu, l’insécurité freine les déplacements des équipes et menace la détection précoce. À cela s’ajoute une crise humanitaire ancienne, avec des populations déplacées privées d’eau potable et de soins.
L’adhésion des communautés progresse lentement. « La communication pour les changements de comportement, c’est un processus qui n’est pas automatique. Très souvent au début, l’attitude, c’est l’hostilité, c’est le déni et ça prend du temps », a expliqué Pierre Akilimali, gestionnaire d’incident à l’INSP.
Le chiffre de 1 003 cas a été annoncé en point presse. La ventilation par zone de santé figurera dans le prochain rapport de situation de l’INSP.
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