Beni : des militaires accusés de taxer les champs à 2 000 francs le bagage, des enquêtes ouvertes
L’ONG Afrika Amani dénonce des barrières tenues par des hommes en uniforme sur les axes Oïcha-Maleki et Oïcha-Mamove. Des sources militaires confirment les faits et indiquent que des enquêtes disciplinaires et judiciaires sont ouvertes.
Beni : des militaires accusés de taxer les champs à 2 000 francs le bagage, des enquêtes ouvertes
AFP
Des cultivateurs du territoire de Beni, au Nord-Kivu, versent 2 000 francs congolais ou plus par bagage de produits champêtres à des barrières tenues par des militaires en uniforme, sans quittance. L’accusation est portée par l’ONG de droits humains Afrika Amani, par la voix de son coordonnateur Darius Syayira, le samedi 17 octobre.
Les axes cités sont Oïcha-Maleki et Oïcha-Mamove. Les prélèvements concerneraient aussi les conducteurs de camionnettes de type Canter, et se produiraient surtout en fin de journée, après le départ des services officiels.
Des sources militaires confirment
C’est le point qui distingue cette alerte de beaucoup d’autres. Des sources militaires confirment les faits et indiquent que des enquêtes disciplinaires et judiciaires ont été ouvertes. Ni le nombre de militaires concernés, ni les unités d’appartenance, ni l’état d’avancement des procédures n’ont été communiqués.
Ce que cela coûte à une région déjà sous tension
Afrika Amani alerte sur deux effets. Le premier est économique : le prélèvement s’ajoute au coût du transport et se répercute sur le prix des vivres, dans un territoire où l’accès aux champs est déjà contraint par l’insécurité. Le second est politique : la dégradation des relations entre civils et militaires dans une zone où l’armée combat les ADF.
L’organisation appelle la population à refuser de payer et demande à la hiérarchie militaire de sanctionner. Les attaques attribuées aux ADF se sont poursuivies la semaine dernière dans la région, et les familles des victimes de Ngadi attendent toujours une réponse judiciaire douze ans après les massacres.
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