Politique Bintou Keita : « La sécurité des civils reste un défi majeur en RDC »
Politique

Bintou Keita : « La sécurité des civils reste un défi majeur en RDC »

Bintou Keita : « La sécurité des civils reste un défi majeur en RDC »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 10 DÉCEMBRE 2024 - 18:28 WAT · 3 min de lecture

Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’envoyée spéciale des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC), Bintou Keita, a dressé lundi 9 Décembre un tableau contrasté de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Si des avancées significatives ont été réalisées grâce à des initiatives régionales, la violence armée continue de faire peser une lourde menace sur les populations des provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Lors de cette session, à laquelle a pris part la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, Keita a salué la médiation angolaise qui organise, le 15 décembre à Luanda, un sommet entre les chefs d’État de la RDC et du Rwanda. Ce sommet, selon elle, représente « une opportunité de marquer des progrès significatifs dans la stabilisation de l’est de la RDC et de la région ».

La diplomate onusienne a averti que le Nord-Kivu reste sous le joug du groupe armé M23, qui a élargi son emprise territoriale. « Aujourd’hui, il contrôle de vastes zones, notamment dans les territoires de Masisi, Rutshuru, Walikale, Nyiragongo et Lubero, une superficie deux fois plus large que celle occupée en 2012 », a-t-elle expliqué.

En Ituri, bien que les attaques des groupes CODECO et Zaïre aient diminué ces trois derniers mois, la sécurité des civils reste un défi majeur. Les Forces démocratiques alliées (ADF), quant à elles, continuent de semer la terreur, étant désignées comme « le groupe armé le plus meurtrier » avec des centaines de victimes civiles.

L’intervention de la Monusco

Sur terrain, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco) joue un rôle clé. Ses efforts incluent la protection de 100 000 déplacés et la sécurisation des récoltes pour des milliers d’agriculteurs en Ituri, grâce à l’opération Secure Harvest. Toutefois, Mme Keita a appelé à une coopération renforcée avec les forces locales et dénoncé les interférences techniques, telles que les brouillages GPS, qui entravent les opérations de la Monusco.

Bindtou Keita a également pointé le lien persistant entre la carte des violences et celle des ressources naturelles. L’exemple récent du contrôle par le M23 du site aurifère de Lubira, au Nord-Kivu, illustre cette dynamique. Elle a exhorté les pays de la région des Grands Lacs à renforcer la traçabilité des ressources pour affaiblir les groupes armés.

Les défis humanitaire et climatique

La crise sécuritaire s’ajoute aux défis humanitaires. Selon l’OCHA, 6,4 millions de personnes sont déplacées, tandis que des épidémies et les effets du changement climatique aggravent les souffrances des populations.

Bintou Keita a réaffirmé l’engagement de la Monusco dans un désengagement progressif et responsable de la RDC. Après son retrait du Sud-Kivu en juin dernier, la mission travaille avec le gouvernement congolais à une approche territorialisée, adaptée aux besoins de protection.

En dépit des progrès notables, l’envoyée spéciale a conclu en soulignant que la stabilité à long terme dans l’est de la RDC nécessite une coordination accrue et des engagements fermes, tant au niveau national que régional.

Gilbert NM

Commentaires
B
Cet article respecte les principes de transparence éditoriale de BETO. En savoir plus ›
Et aussi…