Banques et finances Budget 2027 : défense et social à parité, et 88 % des dépenses exceptionnelles pour la sécurité

Budget 2027 : défense et social à parité, et 88 % des dépenses exceptionnelles pour la sécurité

Le discours intégral de Judith Suminwa, 41 pages, chiffre les six piliers du budget 2027 un par un. Défense et social arrivent à égalité, autour de 14 100 milliards chacun, et pèsent ensemble 55 % des allocations. Sur les 7 472 milliards de dépenses exceptionnelles, 6 614 sont sécuritaires. Au premier semestre 2026, les biens et services ont été exécutés à 186 %.

Budget 2027 : défense et social à parité, et 88 % des dépenses exceptionnelles pour la sécurité
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 30 OCTOBRE 2026 - 12:31 WAT · 6 min de lecture

Le discours intégral prononcé le 29 octobre par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka devant l’Assemblée nationale donne le détail que la présentation du budget 2027 avait laissé dans l’ombre. Quarante et une pages, les six piliers chiffrés un par un, l’exécution du budget en cours, et les hypothèses sur lesquelles repose l’ensemble. BETO a repris les chiffres et vérifié qu’ils s’additionnent.

Défense et social, deux piliers presque à égalité

Les allocations du budget général, 51 242 milliards de francs congolais, se répartissent entre les six piliers du Programme d’actions du gouvernement 2024-2028. Deux d’entre eux arrivent au même niveau, à soixante milliards près.

  • Protéger le territoire national et sécuriser les personnes et leurs biens : 14 091 milliards, soit 6,1 milliards de dollars.
  • Garantir l’accès aux services sociaux de base : 14 151 milliards, soit 6,2 milliards de dollars.
  • Créer plus d’emplois et protéger le pouvoir d’achat des ménages : 10 991 milliards, soit 4,8 milliards de dollars.
  • Renforcer l’efficacité des services publics : 6 279 milliards, soit 2,7 milliards de dollars.
  • Aménager le territoire national en vue d’une connectivité maximale : 4 458 milliards, soit 1,9 milliard de dollars.
  • Gérer durablement l’écosystème face aux changements climatiques : 1 272 milliards, soit 553 millions de dollars.

Additionnés, ces six montants donnent 51 242 milliards, exactement le budget général annoncé. Le premier et le quatrième pilier, sécurité et social réunis, pèsent 28 242 milliards, soit 55 % des allocations. Le pilier climat en reçoit 2,5 %.

Dans l’enveloppe exceptionnelle, 88 % vont à la sécurité

Les dépenses exceptionnelles sur ressources propres sont arrêtées à 7 472 milliards de francs, en diminution de 9 % par rapport à 2026. Le discours en donne la ventilation complète : 6 614 milliards pour les dépenses sécuritaires, 400 milliards de provision pour les élections, 181 milliards pour les opérations de recensement et d’identification, 142 milliards pour l’organisation du Dialogue national, 110 milliards de réserve pour calamités et sinistres, 25 milliards de réserve budgétaire.

Ces six lignes s’additionnent à 7 472 milliards, sans reliquat. La part sécuritaire y atteint 88,5 %.

Les rémunérations pèsent 38 % des recettes courantes

Poste par poste, les dépenses du budget général se lisent ainsi : rémunérations 15 314 milliards, investissement 13 722 milliards, exceptionnelles 7 472 milliards, biens et services 6 035 milliards, transferts et subventions 5 219 milliards, dette publique et frais financiers 3 478 milliards.

Le discours précise que la masse salariale de l’État représente 38 % des recettes courantes et 4,9 % du produit intérieur brut. Rapportée au budget général, elle en absorbe près de 30 %, soit davantage que l’investissement, à 27 %. La dette, elle, ne pèse que 7 % des dépenses, pour une progression de 10 % sur un an. L’investissement est le poste qui monte le plus vite, de 30 %.

Une première émission d’Eurobonds pour 529 millions de dollars

Parmi les faits qui ont marqué la préparation du texte, la Première ministre cite l’entame avec le Fonds monétaire international de la quatrième revue au titre de la Facilité élargie de crédit et de la troisième au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité, ainsi que la première émission d’Eurobonds destinée au financement d’infrastructures prioritaires.

Cette émission apparaît dans les chiffres. Sur les 7 219 milliards d’investissement financés par des ressources extérieures, 6 001 milliards viennent des bailleurs et 1 218 milliards, soit 529 millions de dollars, des Eurobonds. Les recettes extérieures totales atteignent 9 456 milliards, 18 % des ressources du budget général, contre 82 % pour les recettes internes.

Au premier semestre 2026, les biens et services exécutés à 186 %

Le discours rend aussi compte du budget en cours. Au 30 juin, les recettes atteignent 22 476 milliards de francs, environ 9,8 milliards de dollars, et les dépenses 20 746 milliards, environ 9,1 milliards, soit un solde positif de 1 730 milliards. La Première ministre ajoute aussitôt que le solde budgétaire intérieur, lui, est déficitaire dès lors que l’on retire les dons, bons et obligations du Trésor.

Les taux d’exécution par poste montrent où la dépense s’est portée. Les biens et services sont exécutés à 186 % de leur prévision linéaire, l’investissement à 108 %, les rémunérations à 93,3 %, les transferts à 76,7 %. À l’autre bout, la dette publique est à 33,7 % et les dépenses exceptionnelles à 15,8 %. Côté recettes, les recettes courantes sont à 84 % de leur prévision, les exceptionnelles à 113 % et les extérieures à 137 %, configuration inverse de celle de la reddition 2025, où l’interne tenait et l’extérieur manquait.

Croissance à 5,8 %, inflation à 6,4 %, change à 2 300 francs

Le cadrage retient une croissance du produit intérieur brut de 5,8 % en 2027, contre 5,6 % en 2026, portée par le secteur minier et le raffermissement des activités non extractives. Le produit intérieur brut nominal atteindrait 315 100 milliards de francs, soit 137 milliards de dollars contre 122 en 2026.

L’inflation moyenne est projetée à 6,4 %, contre 3,5 % en 2026, mesurée par un indice dont le panier remonte à décembre 2011. Le taux de change moyen retenu est de 2 300 francs pour un dollar, l’hypothèse dont dépend l’essentiel de la hausse affichée de 12 %. La pression fiscale passerait de 12,5 % à 12,8 % du produit intérieur brut, avec une cible de 17 %, moyenne subsaharienne, visée d’ici 2035.

Ce que le gouvernement dit avoir déjà livré

La Première ministre chiffre à 1 098 le nombre de projets achevés à ce jour dans le cadre du Programme de développement local des 145 territoires, dont 649 écoles, 371 centres de santé et 78 bâtiments administratifs. Elle évalue à environ six millions le nombre d’élèves récupérés de la déperdition scolaire grâce à la gratuité de l’enseignement. Pour 2027, la gratuité doit s’étendre aux septième et huitième années de l’éducation de base dès l’année scolaire 2027-2028.

Le budget prévoit aussi la construction de tribunaux et de prisons, le versement de la prime de risque et de brousse aux magistrats, le recrutement de magistrats pour les chambres de la Cour des comptes, et l’accompagnement des Léopards vers la Coupe d’Afrique des nations 2027.

Rédaction

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B
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