Justice Mort de Manassé Lomboto : Fayulu réclame des poursuites contre ceux qui évoquent une maladie
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Mort de Manassé Lomboto : Fayulu réclame des poursuites contre ceux qui évoquent une maladie

Dans un message publié le lundi 2 novembre 2026 sur son compte X, Martin Fayulu demande que toute personne affirmant que Manassé Lomboto est mort d’une maladie soit poursuivie pour propagation de fausses informations. Il accuse par la même occasion la justice congolaise d’être devenue « la propriété privée de l’UDPS/Tshisekedi ». La version de la maladie est celle qu’a énoncée le chef de l’État à Moscou le 30 octobre.

Martin Fayulu, président du parti Engagement pour la citoyenneté et le développement, à Paris, le 28 octobre 2022. © Vincent Fournier pour JA
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 2 NOVEMBRE 2026 - 11:01 WAT · 4 min de lecture

Martin Fayulu a demandé, ce lundi 2 novembre 2026 sur son compte X, que toute personne affirmant que Manassé Lomboto est mort d’une maladie soit poursuivie pour propagation de fausses informations. Dans le même message, il accuse le pouvoir d’avoir fait de la justice congolaise une affaire de parti.

« Nous avons compris, à travers les déclarations de M. Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise à Moscou, que la justice congolaise serait devenue la propriété privée de l’UDPS/Tshisekedi et qu’elle recevrait ses ordres de M. Félix Tshisekedi », écrit le président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECiDé).

« Toute personne qui affirme que Manassé Lomboto est décédé des suites d’une maladie doit être poursuivie pour propagation de fausses informations. Nous œuvrons pour l’instauration d’un véritable État de droit au Congo », poursuit-il. Le message se termine, comme le précédent, par le mot-dièse LibérezPrinceEpenge.

Qui la demande de poursuites vise

Martin Fayulu ne nomme personne. La version de la maladie a pourtant été énoncée publiquement par le chef de l’État lui-même, devant la diaspora congolaise en Russie le 30 octobre. Revenant sur la procédure visant Prince Epenge, Félix Tshisekedi avait affirmé que Manassé Lomboto avait succombé à une maladie et qu’aucun manifestant n’était mort au cours d’une manifestation depuis son arrivée au pouvoir.

La demande du président de l’ECiDé vise donc, par construction, les propos du président de la République. La Constitution réserve à la Cour constitutionnelle la connaissance des infractions commises par le chef de l’État dans l’exercice de ses fonctions.

Une infraction qui existe en droit congolais

La propagation de faux bruits figure parmi les infractions du code pénal congolais. Elle sanctionne la diffusion d’informations fausses de nature à alarmer la population ou à troubler l’ordre public, et elle est régulièrement invoquée dans des procédures visant des propos tenus en public ou en ligne.

Son usage est aussi contesté. Des organisations de défense des droits humains en dénoncent depuis des années l’emploi contre des journalistes et des opposants, au motif que la frontière entre l’information fausse et l’opinion dissidente y reste peu définie.

Le paradoxe du dossier Prince Epenge

La demande intervient alors que le porte-parole de Lamuka, dont Martin Fayulu réclame la libération dans le même message, est lui-même poursuivi pour des faits relevant de la parole. Prince Epenge a été déféré devant le parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe après quarante-huit heures de détention au Conseil national de cybercriminalité.

L’opposant réclame ainsi des poursuites pour propagation de fausses informations au moment où son propre camp conteste une procédure engagée sur un terrain voisin. Il ne traite pas cette tension dans son message.

Ce qui n’a toujours pas bougé

Sur le fond, rien n’a changé depuis le 15 septembre. Manassé Lomboto Bomengala, chargé de la sécurité de Prince Epenge, est décédé à l’hôpital Olympic après avoir été grièvement blessé devant le siège de l’UDPS, à Limete. L’Agence France-Presse l’a rapporté le jour même. La C64 a imputé cette mort à la « Force du progrès » deux jours plus tard.

Aucun rapport d’autopsie ni certificat médical n’a été rendu public par l’une ou l’autre partie. Aucune autorité judiciaire n’a annoncé l’ouverture d’une enquête. Ni la présidence de la République ni l’UDPS n’ont réagi au message de ce lundi.

Rédaction

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B
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