Le Burundi ferme son territoire à toute personne venue des zones occupées par l’AFC/M23
Le ministre burundais en charge de la Sécurité, Léonidas Ndaruzaniye, a annoncé le 1er octobre à Bujumbura que les personnes originaires des zones occupées par l’AFC/M23, celles qui y ont transité et les fonctionnaires des Nations unies qui y travaillent ne peuvent plus entrer au Burundi. Aucun texte, aucune exception, aucune liste de zones n’ont été publiés.
Le Burundi ferme son territoire à toute personne venue des zones occupées par l’AFC/M23
AFP
Le Burundi n’autorise plus l’entrée sur son territoire des personnes originaires des zones occupées par l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, ni de celles qui n’ont fait qu’y transiter. Le ministre burundais en charge de la Sécurité, Léonidas Ndaruzaniye, l’a déclaré le jeudi 1er octobre 2026 à Bujumbura, lors d’une réunion avec des policiers, selon SOS Médias Burundi. La mesure s’étend, selon lui, aux fonctionnaires des Nations unies travaillant dans ces zones.
« Je reçois beaucoup d’appels mais je ne céderai jamais », a affirmé le ministre. Et, pour en désigner le motif : « Nous sommes les alliés de Kinshasa. »
Trois catégories visées, aucun texte publié
La mesure, telle qu’elle a été annoncée, concerne les Congolais originaires des territoires sous contrôle de l’AFC/M23, les voyageurs qui ont transité par ces territoires, et les agents des Nations unies qui y exercent.
Ce qui n’a pas été rendu public est d’un autre ordre. Ni l’instrument juridique qui porte la décision, ni sa date d’entrée en vigueur, ni la liste des zones retenues, ni les exceptions éventuelles. Les agents des postes frontaliers doivent donc appliquer un critère, avoir séjourné dans un territoire occupé ou y être passé, que ne définit aucun document publié.
Des refus d’entrée et des arrestations sont déjà rapportés, sans décompte, par SOS Médias Burundi. Le média signale par ailleurs la disparition, depuis plusieurs semaines, de deux hommes d’affaires originaires de Kirundo.
Une route qui a servi dans les deux sens
Le point de passage de Gatumba-Kavimvira relie Bujumbura à Uvira, au Sud-Kivu. Il a rouvert le 23 février 2026, après la prise d’Uvira par l’AFC/M23 en décembre 2025 et le retour des autorités provinciales dans la ville.
Dans le mois qui a suivi cette réouverture, plus de 33 000 réfugiés congolais sont rentrés en RDC par Kavimvira, selon une note d’information du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés publiée en mars 2026. Près de 4 500 personnes attendaient encore une relocalisation depuis des centres de transit.
Le même axe avait servi, un an plus tôt, au mouvement inverse : des dizaines de milliers de Congolais l’avaient emprunté pour fuir vers le Burundi. C’est ce va-et-vient que la mesure annoncée vient interrompre dans un sens.
La question du retour des réfugiés congolais fait par ailleurs l’objet de cadres négociés province par province et pays par pays, comme la tripartite de Lubumbashi consacrée aux 87 553 réfugiés congolais en Tanzanie.
Le cas des fonctionnaires des Nations unies
L’extension de la mesure aux agents onusiens en poste dans les zones occupées touche un dispositif concret. Bujumbura sert de base arrière logistique à une partie des opérations conduites au Sud-Kivu, et la liaison par Gatumba-Kavimvira est l’une des voies d’entrée et de sortie de la province.
L’annonce ne précise pas si elle vise la MONUSCO, les agences humanitaires, ou les deux. Elle ne dit pas non plus ce qu’il advient des fonctionnaires qui, dans leur fonction même, circulent entre zones occupées et zones sous contrôle de l’État.
Ces territoires sont administrés par une structure parallèle que l’AFC/M23 a installée, qui nomme et qui perçoit. Y travailler, pour une organisation internationale, est une nécessité opérationnelle, non une reconnaissance.
Le même jour, à Kiriri
La déclaration est intervenue le jour même où le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni Isiloketshi, était reçu à Kiriri par le président Évariste Ndayishimiye, pour lui présenter l’état du processus de reddition volontaire des FDLR.
Bujumbura tient par ailleurs un discours sans ambiguïté sur l’origine de la crise. Le 23 septembre, sur France 24, le chef de l’État burundais déclarait : « Nous sommes dans l’impasse », ne voyant aucun signe de désengagement des forces rwandaises de l’est de la RDC.
Le Burundi est engagé militairement sur ce théâtre. SOS Médias Burundi chiffre à 29 862 le nombre de soldats burundais déployés en RDC entre août 2022 et décembre 2025.
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