Carnage à Goma: Filimbi accuse le général Constant Ndima de reproduire les crimes de l’opération « Effacer le tableau »
Carnage à Goma: Filimbi accuse le général Constant Ndima de reproduire les crimes de l’opération « Effacer le tableau »
AFP
Le mouvement citoyen « Filimbi » a déploré le carnage perpétré par les forces armées de la République démocratique du Congo contre les adeptes de la secte mystico-religieux « Wazalendo », le 30 août dernier à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
Son coordonnateur national, Mino Bopomi a déploré le fait que les services de sécurité s’en prennent à la population civile qu’ils sont censés protéger.
« Si nous ne tolérons pas que les forces étrangères en l’occurrence l’armée rwandaise puissent nous endeuiller quotidiennement, nous ne tolérerons pas non plus, d’autant plus que c’est plus grave que ce sont les forces armées de la République démocratique du Congo qui ont réussi de manière constitutionnelle la mission de préserver et protéger les vies qu’elles puissent elles-mêmes s’adonner à des actes des massacres, mais aussi de pillages des biens des paisibles citoyens. Nous condamnons fermement cet acte là », a lancé le coordonnateur de Filimbi.
Au cours de cette même cérémonie du recueillement organisé à Kinshasa en hommage aux victimes du massacre commis à Goma, Mino Bopomi a fustigé les réactions des membres du gouvernement qui, lors d’un briefing ont déclaré que ce carnage est un « dérapage qui peut arriver partout ».
Aussi, ce groupe de pression a invité les autorités congolaises à rompre avec la culture de l’impunité qui, à l’en croire, aurait profité au gouverneur et commandant des opérations militaires au Nord-Kivu, le général Constant Ndima pour reproduire les mêmes crimes que lors de l’opération « Effacer le tableau ».
« Nous condamnons surtout l’irresponsabilité de notre gouvernement dans ses multiples interventions et réactions qui n’a pas du tout cessé de changer. Nous demandons aussi que les responsables de cet acte à tous les niveaux soient traduits en justice parce que notre pays souffre d’un problème qui est l’impunité qui a fait en sorte qu’en 2000, le général Constant Ndima alors chef des opérations « Effacer le tableau » pour le compte du MLC produisait ces actes là, il s’imaginait que 23 ans après aujourd’hui bénéficierait de l’impunité au point d’aller refaire et recommencer de la même manière ce qu’il avait fait il y’a 23 ans. Nous pensons que l’impunité devrait cesser et que toutes les personnes au-delà des officiers militaires qui sont traduits en justice », a argué le coordonnateur de Filimbi pour qui le général Constant Ndima devrait également passer devant la justice pour s’expliquer.
Le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le lieutenant-général Constant Kongba Ndima qui a été rappelé à Kinshasa après le drame, est un ancien chef militaire de la rébellion du Mouvement de Libération du congo (MLC, du chef de guerre Jean-Pierre Bemba Gombo lors de la deuxième guerre du Congo entre 1998 et 2003). Un rapport d’enquête de l’ONU note l’implication du général Ndima dans des massacres commis en 2002 et 2003 dans le nord-est de la RDC lors de l’opération « Effacer le tableau ». Cette offensive militaire du MLC avait visé une autre rébellion, le Rassemblement congolais pour la Démocratie Kisangani-Mouvement de Libération, RCD K-ML) du chef de guerre – puis ministre- Antipas Mbusa Nyamwisi.
Au moins 50 civils, tous membres de la secte mystico-religieuse dénommée la Foi naturelle judaïque messianique pour les nations (FNJMN) Agano La Uwezo Wa Neno communément appelés « Wazalendo » ont été tués lors de la dernière manifestation anti-Monusco à Goma.
Carmel NDEO
