Football CHAN : Les Léopards A’ plongés dans un long silence offensif
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CHAN : Les Léopards A’ plongés dans un long silence offensif

CHAN : Les Léopards A’ plongés dans un long silence offensif
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 3 AOÛT 2025 - 16:47 WAT · 4 min de lecture

La dernière fois que les Léopards locaux ont fait trembler les filets en phase finale du CHAN remonte à un certain 30 janvier 2021. Ce jour-là, sous la houlette de Florent Ibenge, Glody Lilepo, alors sociétaire de l’AS V.Club, ouvrait le score contre le Cameroun en quart de finale, lors du CHAN organisé au pays de Paul Biya. Depuis ce but, plus rien. Un silence offensif devenu assourdissant, à mesure que les éditions s’enchaînent et que les désillusions s’accumulent.

Ce dimanche 3 août 2025 à Nairobi, dans le bouillant Kasarani Arena Stadium, les Léopards A’ de la RDC sont de nouveau tombés, cette fois devant les Harambes Stars du Kenya (1-0), dans le cadre du tournoi pré-CHAN organisé par la CECAFA. Encore un match sans but, malgré quelques éclairs dans le jeu, vite rattrapés par l’imprécision, la frustration et, parfois, la malchance.

Une illusion de réveil vite dissipée

Dans une ambiance électrique portée par le public kényan, les hommes d’Otis Ngoma ont eu un sursaut d’orgueil à la 23e minute. Sur une récupération haute de Lys Nyembo, l’attaquant Kitambala, de l’AS Maniema Union, plaçait une frappe magistrale qui faisait exulter tout le banc congolais. Mais l’euphorie fut brève. Alerté par le duo de la VAR composé de Dahane Beida (Mauritanie) et Maria Packuita Cynquela (Île Maurice), l’arbitre sud-africain Jelly Alfred Chavani annulait le but pour une faute initiale de l’ailier de Lupopo au départ de l’action.

Ce coup du sort s’ajoute à une longue série de frustrations pour une équipe congolaise à la recherche d’identité, d’efficacité, et surtout de résultats. Le score vierge fut de courte durée. À la 45e minute, profitant d’un marquage laxiste et d’un repli défensif approximatif, Austine Odhiambo Otieno perçait la défense congolaise pour ouvrir le score d’un plat du pied gauche chirurgical. L’ancienne muraille de la JS Kinshasa, Brudel Efonge, ne pouvait rien faire.

Changements sans effets, domination stérile

À la pause, Otis Ngoma tentait de réajuster son équipe en injectant Helton Kayembe et Josué Kazema Baso. Le premier, désormais au TP Mazembe, dynamisait le couloir droit et réveillait l’animation offensive des Léopards. Mais l’essentiel leur échappait toujours : la finition.

Kitambala ratait de peu la mire aux 50e et 52e minutes. Kayembe obligeait Omondi à une parade à la 58e. Même Matobo, le plus remuant des Congolais, ne pouvait convertir ses percées. Mokonzi, lui, manquait cruellement de justesse et de vigilance dans l’axe central, souvent dépassé, parfois même en conflit ouvert avec son gardien. Sa prestation fut symptomatique du manque de cohésion et de concentration dans cette équipe.

Une descente lente mais continue

Depuis leur dernier sacre au CHAN en 2016, les Léopards A’ n’ont cessé de dégringoler. Éliminés au premier tour lors du CHAN 2023 en Algérie, les Congolais cumulent désormais trois défaites sur leurs cinq derniers matches dans trois éditions différentes. Leur dernière victoire en phase finale remonte à ce quart de finale contre le Cameroun en 2021. Et leur dernier but ? Encore ce même jour. Depuis, c’est le néant offensif, comme un puits sans fond.

L’histoire d’amour entre la RDC et le CHAN semble aujourd’hui rouillée, presque rompue. L’équipe qui, autrefois, faisait figure d’épouvantail sur le continent, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Des talents individuels émergent, certes, mais sans cadre collectif solide, ils s’effritent dans la médiocrité ambiante.

Et maintenant ?

Alors que la RDC s’apprête à aborder la prochaine phase finale du CHAN, les interrogations fusent. Otis Ngoma a-t-il les moyens de reconstruire un groupe conquérant en si peu de temps ? La FECOFA saura-t-elle garantir un championnat local stable, seul véritable vivier des Léopards A’ ? Faute de réponses claires, le doute s’installe. Et pendant ce temps, les supporters congolais continuent d’attendre. Un but, au moins. Une victoire, peut-être. Un espoir, enfin.

C. Timothée Ézéchiel

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