Politique Conflit dans l’Est : plus de 2,3 millions de Congolais en insécurité alimentaire extrême (PAM)
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Conflit dans l’Est : plus de 2,3 millions de Congolais en insécurité alimentaire extrême (PAM)

Conflit dans l’Est : plus de 2,3 millions de Congolais en insécurité alimentaire extrême (PAM)
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 24 MAI 2025 - 16:08 WAT · 3 min de lecture

Depuis l’aggravation du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), consécutive à l’occupation partielle de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu) par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda, la crise alimentaire a pris une tournure alarmante, selon une alerte lancée ce 24 mai par le Programme alimentaire mondial (PAM).

Dans une note d’information, l’agence onusienne s’inquiète de la flambée du nombre de personnes exposées à une insécurité alimentaire aiguë, passé de 6,06 millions à 7,9 millions en seulement quelques mois, dans les provinces de l’Est affectées par les violences, entre autres le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri et le Tanganyika. Parmi elles, environ 2,3 millions sont actuellement en situation d’insécurité alimentaire extrême, précise le PAM.

« Selon la dernière évaluation, plus de 90 % des ménages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu sont confrontés à des niveaux aigus d’insécurité alimentaire. De nombreuses familles sont contraintes de réduire la taille de leurs repas, de consommer des aliments moins nutritifs ou encore de recourir à la mendicité », lit-on dans le communiqué, consulté par Beto.cd.

Le calvaire des réfugiés dans les pays voisins

Toujours selon le PAM, au cours des quatre premiers mois de l’année 2025, près de 140 000 Congolais ont fui les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC), appuyées par les combattants d’autodéfense Wazalendo, et les rebelles du M23 alliés à l’armée rwandaise. Ces personnes se sont réfugiées dans les pays voisins, notamment la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et l’Ouganda.

Le Burundi et l’Ouganda figurent parmi les principaux pays d’accueil, subissant une pression accrue sur leurs capacités d’accueil humanitaire, ce qui a contribué à exacerber la crise alimentaire régionale.

« Les femmes, les enfants et les personnes âgées sont parmi les plus durement touchés. Ils dépendent de l’aide alimentaire et font face à des risques accrus dans des sites de déplacement surpeuplés, souvent dépourvus d’infrastructures et de ressources », alerte le PAM.

Face à cette situation, le Programme alimentaire mondial lance un appel urgent de plus de 500 millions de dollars pour financer ses opérations humanitaires en RDC et dans les pays voisins, jusqu’au mois d’octobre 2025. Sans cette aide, prévient l’agence, les distributions alimentaires déjà réduites pourraient être interrompues, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées et sinistrées.

F. ISSA

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