Grand angle RDC : après la promulgation de la loi référendaire, quels scénarios pour la coalition C64 ?

RDC : après la promulgation de la loi référendaire, quels scénarios pour la coalition C64 ?

RDC : après la promulgation de la loi référendaire, quels scénarios pour la coalition C64 ?
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 JUIN 2026 - 12:57 WAT · 4 min de lecture

Alors que les deux chambres du Parlement ont adopté la loi fixant les conditions d’organisation du référendum et que sa promulgation est attendue, l’opposition réunie au sein de la coalition C64 cherche à définir sa stratégie. Entre mobilisation populaire, action politique et recours aux mécanismes institutionnels, plusieurs scénarios sont envisagés.

Face à cette nouvelle réalité politique, plusieurs scénarios se dessinent pour la plateforme de l’opposition.

De la contestation parlementaire à la mobilisation populaire

Depuis l’examen du texte au Parlement, la coalition C64 a choisi la stratégie du boycott. Les députés de l’opposition ont refusé de participer aux débats, estimant que le processus était déjà verrouillé par la majorité présidentielle.

Après l’adoption définitive du texte, cette stratégie pourrait évoluer vers une mobilisation accrue dans la rue. Les appels à des marches pacifiques, notamment celle annoncée pour le 8 juillet, traduisent déjà cette volonté de déplacer le combat du terrain institutionnel vers celui de l’opinion publique.

Pour la coalition de l’opposition, l’enjeu sera de transformer les inquiétudes autour de la Constitution en mouvement citoyen national capable de peser sur les décisions futures du pouvoir.

Le défi de l’unité de l’opposition

La promulgation de la loi pourrait également servir de facteur de rassemblement pour une opposition souvent divisée.

Autour du mot d’ordre de défense de l’article 220 de la Constitution, plusieurs acteurs politiques qui évoluaient jusque-là dans des dynamiques distinctes pourraient être amenés à coordonner davantage leurs actions.

La coalition C64 devra toutefois éviter les rivalités de leadership qui ont régulièrement affaibli les fronts communs de l’opposition congolaise. Sa capacité à parler d’une seule voix constituera l’un des principaux indicateurs de son poids politique dans les mois à venir.

La bataille de l’opinion publique

Un autre scénario consisterait à mener une vaste campagne de sensibilisation auprès de la population.

L’opposition sait que toute éventuelle consultation référendaire se jouera avant tout dans l’opinion. Elle pourrait donc multiplier les conférences, les meetings, les actions citoyennes et les campagnes médiatiques pour convaincre les Congolais que la réforme envisagée menace l’alternance démocratique.

Cette stratégie viserait également à internationaliser le débat en attirant l’attention des partenaires étrangers, des organisations régionales et des défenseurs de la démocratie sur l’évolution de la situation politique en RDC.

Même si les marges de manœuvre apparaissent limitées après l’adoption de la loi, l’opposition pourrait également privilégier la voie judiciaire.

Certains juristes proches de la coalition estiment que toute tentative de modification indirecte des dispositions protégées par l’article 220 pourrait faire l’objet de recours devant les juridictions compétentes.

La bataille pourrait ainsi se déplacer sur le terrain constitutionnel avant même l’organisation d’un éventuel référendum.

Une préparation anticipée pour 2028

Au-delà de la question référendaire, la coalition C64 pourrait utiliser cette séquence politique pour préparer les échéances de 2028.

En faisant de la défense de la Constitution son principal cheval de bataille, elle cherche à se positionner comme l’alternative politique face au pouvoir en place. La contestation actuelle pourrait ainsi servir de rampe de lancement pour la structuration d’une candidature commune ou d’un front électoral plus large.

Entre opportunité et risque politique

Paradoxalement, la promulgation de la loi référendaire représente à la fois un défi et une opportunité pour la coalition C64.

Si elle ne parvient pas à mobiliser au-delà de ses bases traditionnelles, le pouvoir pourrait considérer que la contestation reste marginale et poursuivre son agenda politique. En revanche, si l’opposition réussit à fédérer une large partie de la population autour de la défense de la Constitution, elle pourrait imposer un rapport de force susceptible d’influencer les décisions futures du gouvernement.

La véritable bataille ne se jouera donc pas uniquement autour du texte de loi lui-même, mais autour de la capacité de la coalition C64 à transformer une inquiétude institutionnelle en dynamique politique nationale. À deux ans de la présidentielle de 2028, cette confrontation pourrait déjà dessiner les contours de la prochaine compétition pour le pouvoir en RDC.

Christian Okende

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