Congo-Brazzaville : Shabani visite des réfugiés congolais déplacés après les violences de Yumbi en 2018
Une visite surprise du VPM Shabani au camps des réfugiés RD Congolais à Buemba
AFP
En marge des travaux des Commissions techniques mixtes Défense, Sécurité et Frontières entre les deux Congo, le Vice-Premier ministre congolais en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango a effectué, ce mardi 29 juillet, une visite inopinée au camp de réfugiés congolais de Buemba, dans le nord de la République du Congo.
Selon la cellule de communication du ministère de l’Intérieur, ce déplacement non prévu à l’agenda officiel visait à rencontrer les 8 583 réfugiés congolais — majoritairement déplacés à la suite des violences intercommunautaires qui avaient ensanglanté Yumbi, dans la province du Maï-Ndombe, en 2018.
Accueilli par son homologue congolais, le ministre de l’Intérieur Zéphirin Mboulou, Jacquemain Shabani a été salué pour ce geste de solidarité. « Une initiative fraternelle qui dépasse le protocole », a souligné le ministre Mboulou, qui l’a accompagné dans cette visite à forte portée symbolique.
Devant les réfugiés réunis dans le camp, le Vice-Premier ministre congolais a délivré un message d’apaisement et d’espoir, assurant que les autorités de Kinshasa n’avaient pas oublié leurs compatriotes en exil. Il a annoncé la tenue prochaine d’un Forum de paix dans le Maï-Ndombe, destiné à favoriser la réconciliation communautaire et créer les conditions d’un retour volontaire et sécurisé dans les villages d’origine.
« La paix est en chemin », a-t-il déclaré, sous les applaudissements.
Prenant la parole au nom des réfugiés, leur représentant a exprimé sa gratitude pour cette visite, qualifiée de “hautement réconfortante”. Il en a profité pour lancer un appel à l’aide humanitaire, évoquant le manque criant de vivres, de matelas et d’abris décents, surtout en cette période de fortes intempéries.
Selon un rapport des Nations Unies publié à la suite d’une mission d’enquête spéciale menée par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), au moins 535 hommes, femmes et enfants ont été tués et 111 autres blessés lors des attaques intercommunautaires survenues entre le 16 et le 18 décembre 2018 dans les localités de Yumbi, Bongende et Nkolo II, dans la province du Maï-Ndombe.
L’enquête a révélé que ces violences, perpétrées sur quatre sites distincts, avaient été planifiées et exécutées avec le soutien de certains chefs coutumiers. Les faits pourraient constituer des crimes contre l’humanité, affirmait alors l’ONU.
Le rapport concluait que les actes recensés à Yumbi relevaient notamment de meurtres, de tortures, de viols et d’autres formes de violences sexuelles, ainsi que de persécutions ciblées, susceptibles de relever du droit international pénal.
Silas MUNGINDA
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