Mines & Ressources Crise à l’Inspection Générale des Mines : les agents appellent à l’arbitrage du Chef de l’État

Crise à l’Inspection Générale des Mines : les agents appellent à l’arbitrage du Chef de l’État

Crise à l’Inspection Générale des Mines : les agents appellent à l’arbitrage du Chef de l’État
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 12 JUIN 2025 - 20:00 WAT · 4 min de lecture

Kinshasa, le 12 juin 2025 – Un vent de confusion souffle sur le Ministère des Mines de la République Démocratique du Congo, où une série de décisions controversées relance les inquiétudes sur la gouvernance du secteur minier. En cause, la gestion contestée de l’Inspection Générale des Mines (IGM), dont l’organigramme vient d’être brutalement bouleversé par un arrêté ministériel au cœur d’un litige toujours pendant devant la justice, rapporte le Journal Le Phare qui a consulté une lettre ouverte des agents adressée au Président de la République.

Selon les informations rapportées par le Journal Le Phare, en février 2024, un arrêté ministériel (n°00057/CAB.MIN/MINES/01/2024) avait été pris pour réorganiser la structure de l’IGM. Cette réforme visait à clarifier la chaîne de commandement, à désigner de nouveaux responsables à différents niveaux — inspecteurs chefs de département, provinciaux, de 1ère et 2e classe — et à assainir un secteur souvent critiqué pour ses lourdeurs administratives et sa faible efficacité.

Mais cette nomination n’a pas fait que des heureux, apprend-on. Plusieurs agents non retenus, parmi lesquels Moïse Nkongolo Mvita, ancien directeur de l’Inspection minière au Secrétariat général, ont dénoncé leur mise à l’écart. Selon des sources administratives, M. Nkongolo figurait pourtant sur la liste des agents éligibles à la retraite pour la 3e vague de 2024. D’autres contestataires étaient également en situation administrative irrégulière.

Ces agents ont porté l’affaire devant le Conseil d’État, qui, le 28 novembre 2024, a ordonné la suspension de l’arrêté de février — sans pour autant l’annuler ni se prononcer sur le fond du dossier. Le processus judiciaire reste donc en cours.

Une décision précipitée et contestée

Contre toute attente, le 2 juin 2025, le Ministre des Mines, Kizito Pakabomba, a signé un nouvel arrêté (n°00332/CAB.MIN/MINES/01/2025) abrogeant celui de 2024, avec effet rétroactif. Cette décision revient à destituer les inspecteurs en poste depuis plus d’un an, au mépris de la procédure judiciaire encore ouverte et sans attendre la décision définitive du Conseil d’État.

« C’est une violation claire de la présomption de légalité des actes administratifs », commente un juriste du secteur public cité par le Journal Le Phare. D’après lui: « Tant qu’un arrêté n’est pas annulé par la justice, il reste valide. En l’abrogeant unilatéralement, le ministre outrepasse ses prérogatives et bafoue la séparation des pouvoirs. »

La situation suscite de vives inquiétudes parmi les agents de l’IGM, mais également au sein de la société civile. Un collectif d’agents a adressé une lettre ouverte au Président de la République, l’exhortant à intervenir pour rétablir l’ordre, la légalité et la discipline dans cette administration clé.

Ce désordre administratif survient alors que la RDC est en négociation pour finaliser un accord stratégique avec les États-Unis sur l’approvisionnement responsable en minerais critiques, une opportunité cruciale pour l’image du pays à l’international.

« Comment peut-on prétendre garantir une chaîne d’approvisionnement traçable et fiable quand notre propre administration minière est en crise de légitimité ? », s’interroge un haut cadre d’une entreprise minière étrangère sous anonymat.

Appel à l’arbitrage présidentiel

Dans leur lettre, les signataires appellent le Président Félix Tshisekedi à jouer son rôle de garant des institutions, conformément à l’article 69 de la Constitution. Ils réclament : Le respect du principe de séparation des pouvoirs ; La suspension de toute décision administrative jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire ; Le maintien de la stabilité au sein de l’IGM ; L’interdiction de l’usage politique ou personnel de l’autorité ministérielle.

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B
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