Football DCMP contre FECOFA : 24 points retirés et une plainte au parquet

DCMP contre FECOFA : 24 points retirés et une plainte au parquet

Retranché de 24 points et sommé de payer 630 824 dollars par la FIFA, le DCMP porte plainte contre la FECOFA. Un conflit qui expose la gouvernance du football congolais.

DCMP contre FECOFA : 24 points retirés et une plainte au parquet
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 3 JUILLET 2026 - 09:29 WAT · 4 min de lecture

Le 26 juin 2026, le Daring Club Motema Pembe a saisi le Procureur général de la République. Dans sa plainte, le club vert et blanc accuse la Fédération congolaise de football association de « préjudices institutionnels » et vise des propos qu’il juge « dénigrantes, discriminatoires et attentatoires à la crédibilité, la stabilité, la gouvernance et l’image » de l’institution. Le geste est rare : un club centenaire de Kinshasa porte la bataille sportive sur le terrain judiciaire.

L’affaire couve depuis l’hiver. Elle s’est nouée le 12 février 2026, lors d’une réunion quadripartite au siège du Comité de normalisation de la FECOFA, réunissant la Fédération, la Ligue de Kinshasa, la Ligue nationale et le club. À l’origine, une plainte de FC Les Aigles du Congo devant la FIFA, reprochant au DCMP d’avoir aligné des joueurs alors qu’il était sous interdiction de recrutement.

La sanction est tombée deux jours plus tard. Le 14 février, la commission de gestion de la Ligue nationale a retranché 24 points au DCMP. En une décision, le club est passé de la sixième à la dernière place de son groupe. Pour une institution habituée aux sommets du football congolais, la chute a valeur de séisme.

À ce volet sportif s’ajoute une dette. Sur le fondement de l’article 12 du Code disciplinaire de la FIFA, l’instance mondiale a sommé le DCMP de régler 630 824 dollars sous trente jours, au titre de créances d’anciens entraîneurs et joueurs. Faute de paiement, la sanction prévue combine relégation et interdiction de recrutement jusqu’à apurement. Le club a désormais un compte à rebours au-dessus de la tête.

Le DCMP conteste moins la dette que la procédure. Dans son communiqué, il affirme que « le Comité de normalisation ne lui a jamais donné accès au portail officiel qui permet d’échanger directement avec la FIFA », et que « chaque tentative d’ouverture du portail a échoué ». Sa ligne de défense tient en une idée : il aurait été condamné sans avoir pu se défendre, faute d’accès à la plateforme FIFA Connect.

En face, le camp adverse renvoie le club à ses obligations. Vidiye Tshimanga, président de FC Les Aigles du Congo, a pris la parole pour défendre un technicien créancier du DCMP. « Le coach Otis a voulu faire valoir ses droits. Où est mon problème ? Je ne suis pour rien dans tout ça. Ici, même les chauffeurs ont des contrats. Si vous n’êtes pas en mesure de respecter ceux qui travaillent pour vous, ils ont le droit d’aller porter plainte contre vous », a-t-il déclaré.

Le contentieux tombe dans un vide de légitimité. La FECOFA n’est pas dirigée par un comité exécutif élu, mais par un Comité de normalisation placé sous tutelle de la FIFA, dont le mandat a été prolongé après le report des élections, sur fond de comptes bancaires bloqués et de litige avec un équipementier. Le scrutin devait désigner un président, avec la candidature unique de Véron Mosengo-Omba, secrétaire général de la Confédération africaine de football. Le DCMP attaque donc une fédération en pleine transition, argument qui nourrit sa thèse d’un procès inéquitable.

Pour le DCMP, l’enjeu dépasse le classement. Réhabilité le 11 juin dans ses droits pour la Coupe du Congo, mais donné pour relégué en championnat, le club joue sa place dans l’élite et son autorité morale. La plainte vise le parquet, mais une décision de la FIFA se conteste d’ordinaire devant le Tribunal arbitral du sport. Il reviendra à la justice, saisie par le club, de dire si elle est compétente, et à la FECOFA comme au manager mis en cause d’exercer leur droit de réponse. Le dossier, lui, ne fait que commencer.

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B
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