Délestages à Kinshasa : la SNEL annonce 134 MW supplémentaires d’ici un mois
La SNEL prévoit l’arrivée, d’ici un mois, d’une centrale flottante de 134 MW dans le cadre de son partenariat avec l’entreprise turque Karpowership. Selon son directeur général, Teddy Lwamba, cet apport devrait permettre d’améliorer de 20 % la desserte électrique à Kinshasa et dans les provinces environnantes.
Délestages à Kinshasa : la SNEL annonce 134 MW supplémentaires d’ici un mois
AFP
Confrontée à un déficit important de production électrique, la Société nationale d’électricité (SNEL) mise sur une centrale flottante pour réduire les délestages qui touchent notamment Kinshasa. Son directeur général, Teddy Lwamba, l’a annoncé jeudi 1er octobre 2026, lors d’un briefing de presse animé à la RTNC aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
La centrale flottante, d’une capacité initiale de 134 mégawatts, doit être déployée dans le cadre d’un partenariat avec l’entreprise turque Karpowership. Selon Teddy Lwamba, sa mise en service devrait permettre une augmentation de 20 % de la capacité disponible pour Kinshasa et les provinces environnantes.
« Le grand problème que nous avons aujourd’hui est lié à la production. On produit peu, on consomme beaucoup. La solution que nous avons validée aujourd’hui, c’est de faire venir le bateau-centrale pour permettre à ce que nous puissions injecter, dans un premier temps, 134 MW. Nous aurons 20 % d’augmentation », a déclaré le DG de la SNEL.
Teddy Lwamba espère voir cette puissance supplémentaire disponible « d’ici un mois ». Il a présenté cette solution comme une réponse d’urgence au déficit énergétique qui affecte actuellement le réseau.
Le patron de la SNEL a expliqué que la production hydroélectrique, principale source d’électricité en RDC, reste fortement tributaire des variations saisonnières. Entre juillet et la mi-octobre, la baisse du niveau des eaux réduit les capacités de production et peut entraîner la mise à l’arrêt de certaines machines pour des raisons techniques.
Selon les chiffres avancés par Teddy Lwamba, Kinshasa avait atteint un pic d’injection de 700 MW entre le 11 juin et le 15 juillet 2026. La puissance disponible oscille actuellement entre 390 et 450 MW, une baisse qui se répercute directement sur la desserte de la capitale.
À cette situation s’ajoute l’arrêt du groupe G25 pour des contrôles techniques. Mis en service en novembre 2025, cet équipement avait apporté une capacité supplémentaire de 193 MW.
La SNEL affirme toutefois avoir renforcé son réseau de distribution au cours de la dernière année. Les travaux d’assainissement et l’installation de nouveaux transformateurs, notamment à Makala, auraient permis d’accroître de 140 MW la capacité d’injection sur le réseau de Kinshasa. Mais pour Teddy Lwamba, l’amélioration du réseau ne suffit pas tant que la production demeure insuffisante.
Au-delà des contraintes techniques, le DG de la SNEL a également pointé les difficultés financières de l’entreprise, notamment le non-paiement des factures d’électricité par plusieurs institutions publiques.
« Aujourd’hui, toutes les instances officielles ne payent pas », a-t-il déploré, estimant que la situation prive l’entreprise de ressources nécessaires à ses investissements.
Selon lui, la SNEL aurait pu dégager davantage de moyens si l’État prenait effectivement en charge sa consommation d’électricité. Teddy Lwamba plaide ainsi pour des réformes afin de clarifier les relations financières entre l’État et l’entreprise publique et de garantir le paiement régulier de l’énergie consommée par les institutions.
Face aux critiques sur les délestages, le DG appelle ainsi à agir simultanément sur plusieurs fronts : augmenter la production, poursuivre la modernisation du réseau et renforcer les ressources financières de la SNEL.
Christian Okende