Après 56,3 milliards de bénéfice, la REGIDESO forme ses cadres à l’intelligence artificielle
Aimé Sakombi Molendo a remis le 4 novembre 2026 les certificats aux cadres de la REGIDESO formés à l’intelligence artificielle par l’Agence pour le développement du numérique. La régie sort de deux exercices de redressement, avec 56,3 milliards de francs de bénéfice en 2025, mais l’État lui doit encore 1 091,9 milliards et neuf de ses centres d’exploitation sont à l’arrêt du fait de la guerre.
Après 56,3 milliards de bénéfice, la REGIDESO forme ses cadres à l’intelligence artificielle
AFP
Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a présidé le mercredi 4 novembre 2026 la cérémonie de remise des certificats aux cadres de la REGIDESO qui ont suivi une Masterclass consacrée à « L’intelligence artificielle : levier d’optimisation des performances ».
La formation a été organisée par l’Agence pour le développement du numérique. Le ministère la situe dans la transformation numérique des entreprises publiques, au titre de la stratégie qu’il désigne sous le nom de « RDC Nation Digitale 2030 ».
Le ministre a demandé aux bénéficiaires de traduire les compétences acquises en applications concrètes, pour améliorer la gestion des ressources, optimiser les processus opérationnels et renforcer la qualité du service public de l’eau.
Une régie qui revient de loin
L’optimisation arrive sur une entreprise dont les comptes se sont retournés. La REGIDESO a publié pour l’exercice 2025 un chiffre d’affaires de 499,9 milliards de francs congolais et un résultat net de 56,3 milliards, après une perte de 71,9 milliards en 2023. Deux exercices de redressement séparent les deux chiffres.
Les mêmes comptes enregistrent ce qui ne relève pas d’un algorithme. L’État n’a versé que 24,4 milliards sur les 1 091,9 milliards de francs qu’il doit à la régie, et neuf centres d’exploitation sont à l’arrêt du fait de la guerre.
Ce que l’optimisation trouve sur le terrain
Les marges de gain sont documentées, province par province. À Kindu, le réseau dessert un habitant sur dix du chef-lieu du Maniema, pour des besoins évalués à 9 700 mètres cubes par jour. Dans l’Équateur, la couverture en eau potable est située sous les 3 % et la REGIDESO de Mbandaka ne produit que cinq heures par jour, cinq jours sur sept.
À Mbuji-Mayi, le réseau ne produisait que 2,8 % du besoin quotidien d’une ville de 2 824 638 habitants, au dernier chiffre public de mars 2024. Ce sont ces écarts que les cadres certifiés mercredi sont invités à réduire.
Le ministre avait fixé ce cap en prenant ses fonctions. Le 13 août 2025, à la remise et reprise avec le professeur Teddy Lwamba, il déclarait à l’ACP : « Ma priorité sera de renforcer la distribution de l’eau potable et de l’électricité pour tout le monde », le déficit en électricité étant alors estimé à plus de 2 000 mégawatts. Quinze mois plus tard, le levier présenté est numérique.
Un chantier déjà ouvert
La démarche prolonge une série de décisions. La Première ministre Judith Suminwa a appelé en octobre le secteur privé à investir dans les infrastructures numériques pour accélérer la transformation digitale du pays, et le chef de l’État avait lancé en juin le RDC-Pass, système national d’identité numérique.
La publication du ministère ne donne ni le nombre de cadres certifiés, ni la durée et le contenu de la Masterclass, ni son coût et son financement. Elle n’indique pas de calendrier pour les applications attendues, et ne dit pas si d’autres entreprises publiques suivront.
Rédaction
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