Diplomatie Doha : 18,6 % de mise en œuvre treize mois après, quinze détenus remis sur 477 identifiés

Doha : 18,6 % de mise en œuvre treize mois après, quinze détenus remis sur 477 identifiés

Soixante-cinq des 350 engagements pris ont été exécutés, deux protocoles ont été signés sur huit, et le mécanisme de vérification du cessez-le-feu n’a publié aucun rapport depuis sa première mission à Minembwe.

Corneille Nangaa, chef de l'AFC, et des cadres du M23 dans l'est de la RDC.

Doha : 18,6 % de mise en œuvre treize mois après, quinze détenus remis sur 477 identifiés
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 14 SEPTEMBRE 2026 - 14:54 WAT · 3 min de lecture

Treize mois après l’ouverture du processus de Doha, 65 des 350 engagements pris ont été exécutés, soit un taux de mise en œuvre de 18,6 %. Deux protocoles ont été signés sur les huit prévus. Ces chiffres sont établis par un baromètre relayé par Radio France internationale le 13 septembre 2026.

Deux protocoles signés sur huit, six restent en suspens

Les deux protocoles signés portent sur le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu et sur la libération des détenus.

Six protocoles restent à négocier ou à signer : l’accès humanitaire, la restauration de l’autorité de l’État, les arrangements sécuritaires, le retour des personnes déplacées, la relance économique et la justice. Chacun engage une part de l’autorité congolaise sur les territoires occupés.

Quinze détenus remis sur les 477 identifiés

Le volet le plus avancé est aussi le plus étroit. Sur 477 détenus identifiés au cours des discussions, quinze prisonniers ont été remis en août 2026 avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge.

Les divergences sur l’identité des détenus ont, selon le même baromètre, fragilisé la confiance dans ce mécanisme. La poursuite des hostilités figure parmi les causes des lenteurs relevées.

Le mécanisme de vérification affiche 17 % de réalisation

Le mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu, placé sous l’égide de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et doté d’un secrétariat, atteint un taux de réalisation de 17 %.

Sa première mission s’est déroulée le 24 août 2026 à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Trois semaines plus tard, aucun rapport de cette mission n’est public, aucun constat de violation n’a été publié et la composition nominative du mécanisme n’est pas connue.

Minembwe se trouve sur les hauts plateaux du Sud-Kivu, où les combats se sont poursuivis au début du mois de septembre 2026.

Le calendrier des engagements remonte à juillet 2025

Le cessez-le-feu a été engagé en juillet 2025 au Qatar. L’accord de paix a été entériné en décembre 2025 à Washington. La sixième réunion du mécanisme conjoint de coordination sécuritaire issu de cet accord s’est tenue les 12 et 13 août 2026 à Genève, et une conférence de planification trilatérale avec les États-Unis est prévue en octobre 2026.

Un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement a été signé avec les FDLR le 28 juillet 2026. Kigali en conteste l’application.

Huit personnes et entités ont été ajoutées aux sanctions en juillet

Le Conseil de sécurité a ajouté en juillet 2026 huit personnes et entités à la liste des sanctions du régime établi par la résolution 1533, dont Corneille Nangaa, chef de l’Alliance Fleuve Congo.

Le mandat de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo court jusqu’au 20 décembre 2026, en vertu de la résolution 2808 du 19 décembre 2025. Sa zone d’opérations est limitée au Nord-Kivu et à l’Ituri, avec une dérogation pour la surveillance du cessez-le-feu au Sud-Kivu lorsque les conditions le permettent.

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B
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