Ebola : le Bas-Uele devient la sixième province touchée par l’épidémie en RDC
Ebola : le Bas-Uele devient la sixième province touchée par l’épidémie en RDC
AFP
La maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a alerté, vendredi 14 août, lors de la 96ᵉ réunion du Conseil des ministres, sur la confirmation d’un premier cas positif dans la province du Bas-Uele. Cette nouvelle infection porte à six le nombre de provinces congolaises affectées par l’épidémie, faisant craindre une extension supplémentaire de la maladie dans le nord-est du pays.
Le cas du Bas-Uele a été identifié à Buta, chef-lieu de la province. Selon les informations disponibles, la personne décédée avait notamment séjourné dans la province voisine du Haut-Uele, ce qui fait craindre une transmission liée aux déplacements des populations. Les autorités sanitaires ont immédiatement renforcé la surveillance autour des personnes ayant été en contact avec le malade afin d’identifier rapidement d’éventuels cas secondaires.
Cette nouvelle extension géographique intervient alors que l’épidémie connaît une progression particulièrement rapide. Au 14 août 2026, la RDC comptait 4 665 cas confirmés et 2 184 décès, selon les dernières données rapportées par les autorités et relayées par Reuters. Ces chiffres placent la létalité à environ 46,8 %. Près de 965 personnes ont, par ailleurs, été déclarées guéries, tandis que plusieurs centaines de patients restent encore pris en charge dans les structures sanitaires.
Le 11 août, le ministre Roger Kamba avait déjà fait état de 111 nouveaux cas confirmés enregistrés dans le cadre de la surveillance épidémiologique. Malgré cette progression, les autorités sanitaires observent également une augmentation du nombre de guérisons, signe que la prise en charge médicale permet à de nombreux patients de surmonter la maladie.
L’épidémie touche désormais six provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele, la Tshopo et le Bas-Uele. L’Ituri demeure de loin l’épicentre de la maladie, concentrant l’essentiel des cas et des décès. Selon les données rapportées récemment, environ 90 % des cas et 80 % des décès sont concentrés dans cette province.
Cette flambée est liée au virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, une souche particulière contre laquelle la situation thérapeutique demeure complexe. Contrairement aux précédentes épidémies provoquées par d’autres espèces d’Ebola, il n’existe actuellement aucun vaccin ni traitement spécifique homologué pour la souche Bundibugyo. Des essais cliniques portant sur des candidats vaccins et deux traitements sont toutefois en cours, tandis que l’Organisation mondiale de la Santé étudie également la possibilité d’une protection croisée offerte par certains vaccins existants.
La riposte repose ainsi sur plusieurs piliers : détection précoce des cas, dépistage et confirmation en laboratoire, isolement et prise en charge des malades, recherche et suivi des contacts, prévention et contrôle des infections dans les formations sanitaires, inhumations dignes et sécurisées, vaccination lorsque les outils appropriés sont disponibles, ainsi que sensibilisation des communautés. L’OMS souligne également l’importance du renforcement de la surveillance aux points d’entrée et de la préparation dans les provinces voisines.
Dans le Bas-Uele, les équipes de riposte ont déjà renforcé les capacités opérationnelles. Une mission conjointe de l’OMS, de l’Institut national de santé publique et du Centre des opérations d’urgence de santé publique s’est rendue à Buta avec des intrants destinés à la prévention et au contrôle des infections, des médicaments, du matériel médical et des consommables. L’objectif est de renforcer rapidement la capacité locale de surveillance, de diagnostic et de réponse.
La situation demeure cependant préoccupante en raison des difficultés d’accès à certaines zones, de l’insécurité, des mouvements importants de populations et de la faiblesse des infrastructures sanitaires. Dans certaines zones affectées, ces contraintes compliquent le suivi des contacts et favorisent la circulation du virus en dehors des circuits de surveillance. L’OMS considère l’engagement communautaire comme un élément déterminant pour interrompre les chaînes de transmission.
Alors que la rentrée scolaire approche, le gouvernement entend également renforcer les mesures de prévention dans les établissements scolaires et universitaires. Un plan national multisectoriel de riposte contre Ebola en milieu scolaire, universitaire et académique avait été élaboré afin de protéger les communautés éducatives, prévenir la propagation de la maladie et permettre la continuité des activités d’enseignement.
Avec plus de 4 600 cas confirmés et plus de 2 100 décès, l’épidémie de 2026 s’impose déjà comme l’une des plus importantes jamais enregistrées en RDC. L’extension au Bas-Uele constitue un nouveau signal d’alerte pour les autorités, qui doivent désormais empêcher l’installation de nouvelles chaînes de transmission dans cette province et contenir la progression du virus dans les cinq autres provinces déjà affectées.
GN.