Sports Comment Coupe du Monde a mis fin au duel Ronaldo-Messi

Comment Coupe du Monde a mis fin au duel Ronaldo-Messi

Le Portugal de Ronaldo est sorti dès les huitièmes, l'Argentin de Messi joue la finale : le Coach na Beto raconte, depuis Kinshasa, comment ce Mondial a refermé le plus grand duel du football.

La Rédaction
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19 juillet 2026 à 16h20
Comment Coupe du Monde a mis fin au duel Ronaldo-Messi

Asseyez-vous, mes frères. Sortez la Primus du fond du frigo, celle qui pique encore, parce que ce que le vieux Coach va vous raconter ce matin mérite qu’on s’installe. On a passé vingt ans avec eux deux plantés dans les yeux, Lionel et Cristiano, à se disputer nos dimanches et nos insomnies. Et voilà que cette Coupe du monde, sans même s’excuser, vient de refermer le livre. Pas sur une virgule. Sur un point. Un point sec, comme un ballon qui claque sous la barre.

Souvenez-vous du 6 juillet, à Arlington. Le Portugal mène ce que tout le monde croit être son destin, et l’Espagne, patiente comme une vieille tante qui attend son heure au deuil, glisse un certain Merino dans la surface à la quatre-vingt-onzième minute. Un but. Un seul. Et le rideau tombe sur Cristiano Ronaldo, quarante et un ans au compteur, qui a confirmé lui-même que ce Mondial serait son dernier. J’ai vu l’image, ce grand corps de marbre qui pleure sur la pelouse, et je vous jure, moi qui ai charrié le personnage pendant des années, je n’ai pas ri. On ne rit pas d’un roi qui range sa couronne. On se tait, et on compte.

Ce que la carrière a déjà tranché, bien avant ce soir

Parce qu’il faut compter, justement, et le Coach n’a jamais eu peur des chiffres qui dérangent. Ronaldo quitte la scène mondiale sans avoir jamais soulevé la seule coupe qui range un joueur au rayon des immortels du tournoi. Messi, lui, l’a fait en 2022, à Doha, la nuit où l’Argentine et la France se sont mis à jouer au tennis avec nos cœurs. Et pendant que le Portugais pliait bagage cette année dès les huitièmes, l’Argentin, lui, s’est invité en finale. Vous voyez le tableau ? L’un regarde la suite à la télévision, dans son salon, avec la télécommande. L’autre est encore sur le terrain. Ce n’est pas une opinion de comptoir, ça, mes frères : c’est une géographie. Il y en a un qui est dedans, et un qui est dehors.

On m’objectera, et je connais mes objecteurs, qu’un homme ne se résume pas à un Mondial. C’est vrai. Ronaldo restera un monstre de discipline, un forçat qui a tiré son corps jusqu’à un âge où nous autres, on marche déjà avec une canne et beaucoup de souvenirs. Je lui tire ma toque, la vraie, celle en léopard. Mais le duel, le fameux duel qu’on nous vendait comme éternel, il portait sur une question simple : qui, des deux, aura tout gagné ? Et à cette question-là, la Coupe du monde vient de répondre sans bégayer.

Vu de Kinshasa, une leçon qui nous concerne

Et maintenant, permettez au vieux de ramener tout ça sur nos terres rouges. Ce soir, pendant que Kinshasa se serrera autour des écrans, nos Léopards ne seront pas de la fête. On les a sortis, l’Angleterre nous a pris deux buts à un et beaucoup de rêves. Ça pique encore, je sais. Mais regardez bien le sacre qui se prépare, quel qu’il soit : ces deux-là ne se sont pas construits en une saison. Vingt ans de régularité, de dimanches sans excuse, de corps entretenus comme on entretient un champ qu’on veut voir donner. Le talent, chez nous, on en a à revendre, à faire pâlir la moitié des sélections qui joueront ce soir. Ce qui nous manque, c’est cette patience-là, cette obstination de forçat. Le duel Messi-Ronaldo, avant d’être une histoire de dons, fut une histoire de durée.

Alors ce soir, sortez la deuxième Primus. Regardez la finale non pas avec le regret de ne pas y être, mais avec l’œil du limier qui apprend. Le plus grand duel de notre époque se referme sous nos yeux, et il n’y a plus qu’un nom lisible sur la couverture. L’autre, le grand Cristiano, sort par la petite porte des huitièmes, la tête haute mais les mains vides du seul trophée qui manquait. Le foot est cruel comme une belle-mère. Il donne beaucoup, et à la fin, il pèse tout.

Le verdict du Coach ? Le débat est clos, mes frères. Rangez vos arguments. On passe à la génération suivante, et j’espère bien qu’un Léopard s’y invitera.

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