Léopards En RDC : le plan pour débarquer les Anglais !

En RDC : le plan pour débarquer les Anglais !

Le Coach na Beto pose son tableau avant RDC-Angleterre: bloc bas, contre tranchant et défense qui doute. Le plan du vieux renard pour faire trébucher le géant, qui a déjà calé contre le Ghana.

En RDC : le plan pour débarquer les Anglais !
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 30 JUIN 2026 - 13:48 WAT · 4 min de lecture

Asseyez-vous, mes frères. Servez-vous une Primus, celle-là va être longue. Mercredi, à Atlanta, nos Léopards regardent l’Angleterre dans les yeux. Quatrième nation du monde, des joueurs qui coûtent le prix d’une province, un capitaine, Harry Kane, qui marque même quand il dort. Et nous? Nous arrivons avec nos crampons et notre patience. On me dit: Coach, c’est plié d’avance. Je réponds que j’ai assez vieilli pour avoir vu des géants tomber, et pour me souvenir exactement comment.

Ne pas leur tendre la main

Desabre est un renard, et un renard ne montre jamais deux fois le même visage. Contre le Portugal, il a fermé la maison à cinq derrière, et Ronaldo est reparti avec un pauvre nul et beaucoup de regrets. Contre l’Ouzbékistan, il a rouvert à quatre, et nous avons renversé la table. Mercredi, je le devine prudent. Bloc bas, lignes serrées, on laisse l’Angleterre promener le ballon comme on laisse un invité bavard parler tout seul dans le salon. Le piège n’est pas dans la possession. Il est dans ce qu’on fait du ballon à la seconde où on le récupère.

Le duel qui décide tout

Voilà le secret que tout le monde a vu, sauf ceux qui refusent de voir. L’Angleterre a buté quatre-vingt-dix minutes sur le Ghana. Zéro à zéro. Un bloc bas, des jambes fraîches lancées en contre, et le favori s’est mis à bégayer. Ça ne vous rappelle personne? Nous avons précisément ces jambes-là. Wissa devant, qui a déjà planté trois fois dans ce tournoi. « On aura besoin d’un grand Yoane Wissa si on veut avoir nos chances face à l’Angleterre », a prévenu Cédric Bakambu. Le bonhomme a raison. Mais Wissa tout seul ne soulèvera pas une nation: il faut le servir vite, très vite, avant que la défense anglaise, qui doute déjà d’elle-même, n’ait le temps de se remettre en ordre.

Le doute, ça se cultive comme le manioc

Stones, Konsa, Guéhi: Tuchel ne sait toujours pas qui aligner dans son axe. Une charnière qui hésite, mes frères, c’est une porte mal fermée. On la pousse. Et Tuchel, ce confrère que je respecte trop pour le plaindre, a lui-même vendu la mèche. « Nous les encourageons à jouer avec liberté, surtout dans le secteur offensif », a-t-il expliqué (propos traduits de l’anglais). La liberté devant, parfait. Derrière, on verra bien. C’est exactement là, dans ce dos qu’ils oublient de garder, qu’on plante notre drapeau.

L’enfant de Londres qui connaît la maison

Et puis nous avons un luxe que l’argent anglais ne peut pas acheter: un garçon né à Croydon, élevé à l’ombre de ces mêmes stars. Aaron Wan-Bissaka sait comment respire un attaquant de Premier League, parce qu’il les affronte tous les samedis. Qu’il verrouille son couloir droit, qu’il colle au train de son ailier comme une mauvaise dette, et la moitié du danger anglais s’éteint avant même de naître.

Le verdict du Coach

Je ne vous promets pas la victoire. Je ne suis pas devin, je suis vieux, ce n’est pas la même école. « On a déjà montré contre le Portugal qu’on était capables de jouer contre de grands pays », dit le jeune Mukau. Écoutez-le bien. Le plan du vieux tient en trois mots: discipline, patience, venin. On défend la cour comme on défend l’honneur de sa mère, on attend que le géant s’endorme sur sa réputation, et on pique une seule fois, au bon moment. L’Angleterre est favorite, je vous l’accorde. Le Ghana l’était aussi, sur le papier, et il est reparti d’Atlanta avec un point arraché entre les dents. Mercredi, à 17 heures, heure de Kinshasa, je serai devant mon poste, ma toque de léopard vissée sur la tête. Faites-moi rêver, mes fauves. Le vieux Coach garde toujours une place au chaud pour une grande joie.

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B
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