Droits humains Un cercueil, des tirs, deux morts : ce qui s’est passé au cimetière de Rwangoma, à Beni

Un cercueil, des tirs, deux morts : ce qui s’est passé au cimetière de Rwangoma, à Beni

Deux personnes sont mortes et plusieurs ont été blessées jeudi 24 septembre à Beni, pendant l’enterrement d’une victime d’Ebola. Des jeunes ont tenté d’ouvrir le cercueil, la police a tiré des coups de sommation. La veille, une campagne de sensibilisation aux enterrements sécurisés avait eu lieu dans la même ville.

Des équipes de la riposte contre Ebola en équipement de protection lors d'un enterrement sécurisé à Djugu, en Ituri

Un cercueil, des tirs, deux morts : ce qui s’est passé au cimetière de Rwangoma, à Beni
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 SEPTEMBRE 2026 - 11:33 WAT · 3 min de lecture

Deux personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées le jeudi 24 septembre au quartier Rwangoma, à Beni, dans le Nord-Kivu. Les faits se sont produits pendant l’enterrement d’une victime de la maladie à virus Ebola, quand un groupe de jeunes a tenté d’ouvrir le cercueil pour voir le corps avant l’inhumation, selon les autorités. La police a alors tiré des coups de sommation pour disperser la foule. Une jeune fille atteinte par balle est morte sur place, une autre personne a succombé à ses blessures dans une structure sanitaire de la ville.

Des coups de sommation, et deux morts par balle

Le compte rendu public tient en une séquence : une tentative d’ouvrir le cercueil, des tirs de sommation, une confusion, deux morts.

Des coups de sommation sont, par définition, des tirs qui ne visent personne. Deux personnes sont pourtant mortes par balle. Aucune autorité n’a expliqué cet écart à ce stade, et aucune enquête n’a été annoncée publiquement. Le récit disponible ce vendredi matin est celui des autorités, qui ne nomment ni les victimes, ni les policiers concernés, ni le responsable qui s’exprime.

Les autorités qualifient la tentative d’ouverture du cercueil de violation flagrante des procédures d’enterrement digne et sécurisé, et appellent la population, en particulier les jeunes, à les respecter pour prévenir la propagation du virus.

La sensibilisation avait eu lieu la veille

Le détail qui rend le drame plus lourd est chronologique. Le mercredi 23 septembre, des motards et des mouvements citoyens de Beni avaient été réunis pour une session de sensibilisation aux enterrements sécurisés dans le cadre de la riposte contre Ebola.

Vingt-quatre heures plus tard, au cimetière de Rwangoma, la même procédure était contestée par une foule. La sensibilisation n’a pas tenu une journée dans la ville où elle venait d’avoir lieu.

Pourquoi le cercueil reste fermé

L’enterrement dit digne et sécurisé n’est pas une formalité administrative. Le corps d’une personne morte d’Ebola reste hautement contagieux, et les funérailles traditionnelles, où l’on touche et lave le défunt, ont été parmi les principaux moteurs de transmission lors des épidémies précédentes dans cette même région.

C’est aussi ce qui rend la mesure difficile à faire accepter : elle prive les familles du dernier regard. Le refus de l’enterrement encadré n’est pas de l’ignorance, c’est un conflit entre une exigence sanitaire et un rite.

Le contexte épidémique, lui, est connu. Les centres de traitement du Nord-Kivu affichaient 95,6 % d’occupation au 19 septembre, sans une place disponible à Butembo ni à Katwa, et l’épidémie est entrée dans les écoles de Bunia.

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B
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