Santé Ebola : premier essai chez l’homme d’un vaccin contre la souche Bundibugyo qui frappe la RDC
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Ebola : premier essai chez l’homme d’un vaccin contre la souche Bundibugyo qui frappe la RDC

L’université d’Oxford a lancé le premier essai clinique d’un vaccin contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, celle qui, faute de vaccin homologué, provoque la 17e épidémie en RDC et en Ouganda. Un espoir, encore au stade précoce.

Personnel médical en combinaison de protection dans un centre de traitement Ebola dans l’est de la RDC.

Ebola : premier essai chez l’homme d’un vaccin contre la souche Bundibugyo qui frappe la RDC
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 13 JUILLET 2026 - 14:15 WAT · 4 min de lecture

C’est le maillon qui manquait à la riposte. L’université d’Oxford a lancé, lundi 13 juillet 2026, le tout premier essai clinique chez l’homme d’un vaccin dirigé contre la souche Bundibugyo du virus Ebola, celle-là même qui, faute de vaccin homologué, provoque la 17e épidémie de la maladie en RDC et en Ouganda. Le signal est porteur d’espoir, même s’il reste au stade le plus précoce.

L’essai, mené à Oxford, doit évaluer la sécurité et la réponse immunitaire du candidat vaccin, connu sous le nom de ChAdOx1 BDBV, chez cinquante adultes en bonne santé âgés de 18 à 55 ans. Le recrutement des volontaires est en cours, et les premières vaccinations sont attendues dans les prochaines semaines, sous réserve du feu vert des autorités réglementaires. Le vaccin a été mis au point par les scientifiques de l’Oxford Vaccine Group et du Pandemic Sciences Institute, sur la même plateforme de vecteur viral que le vaccin anti-Covid d’Oxford et AstraZeneca. « Notre équipe a travaillé sans relâche avec des partenaires du monde entier pour mettre au point ce candidat, démontrant comment les partenariats permettent une réponse rapide face à des épidémies en évolution rapide », a expliqué la professeure Teresa Lambe, investigatrice scientifique principale de l’étude.

Cette avancée touche directement la RDC. Jusqu’ici, la riposte ne disposait d’aucune arme vaccinale contre cette souche. Le vaccin Ervebo, qui avait permis de circonscrire les épidémies récentes du Nord-Kivu, ne protège que contre la souche Zaïre, et la lutte reposait donc entièrement sur l’isolement des malades, le suivi des contacts et les enterrements sécurisés. L’épidémie en cours est désormais la troisième plus importante jamais enregistrée pour le virus Ebola, et le nombre de cas continue de croître. En mai, l’Organisation mondiale de la santé avait recommandé de donner la priorité à ce candidat d’Oxford, ainsi qu’à un autre développé par l’Initiative internationale pour un vaccin contre le sida, pour une évaluation clinique dans le cadre de la riposte.

La vitesse a été le maître mot. Deux semaines seulement après la déclaration de l’épidémie, le 15 mai, la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, connue sous le sigle CEPI, a scellé avec Oxford et le Serum Institute of India un partenariat de 8,6 millions de dollars pour accélérer le développement du vaccin. Le fabricant indien affirme avoir produit et stocké environ 620 000 doses en deux semaines, et en avoir fourni 4 000 pour l’essai. « En période d’épidémie, la vitesse, la préparation et la collaboration mondiale sont essentielles pour faire progresser les candidats vaccins rapidement et de manière responsable », a déclaré Adar Poonawalla, patron du Serum Institute. Le directeur d’Africa CDC, Jean Kaseya, a salué de son côté une « avancée scientifique rapide » dans l’effort mondial contre le Bundibugyo.

L’enthousiasme n’efface pas la prudence. Il s’agit d’un essai de phase 1, destiné à vérifier l’innocuité et la réponse immunitaire du produit, et les injections n’ont pas encore commencé. Si cette première étape réussit, il faudra encore mener des essais de plus grande ampleur pour générer les données nécessaires à une autorisation d’usage d’urgence, des études étant déjà préparées en Ouganda avec des partenaires locaux. Autrement dit, aucun vaccin ne sera disponible pour la vague actuelle avant plusieurs mois, dans le meilleur des cas. « Chaque étape rapproche un vaccin sûr et efficace, et renforce notre capacité à protéger les communautés vulnérables, à sauver des vies et à maîtriser cette épidémie », a résumé Nicole Lurie, directrice de la préparation et de la réponse à CEPI. Les partenaires disent vouloir garantir un approvisionnement rapide et abordable pour les pays touchés.

Pour la RDC, où l’on multiplie les centres de traitement plus vite qu’on ne parvient à endiguer la contagion, la perspective d’un vaccin contre le Bundibugyo change l’horizon. Elle ne change pas encore le présent. La bataille du moment se gagne toujours avec les outils les plus rudimentaires, le dépistage, l’isolement et la confiance des communautés, en attendant que la science mette enfin une seringue dans la main des soignants.

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B
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