Nord-Kivu : la Société civile de Beni dénonce l’usurpation de son identité par des cadres de l’AFC/M23-RDF
Nord-Kivu : la Société civile de Beni dénonce l’usurpation de son identité par des cadres de l’AFC/M23-RDF
AFP
La Coordination provinciale de la Société civile Forces vives du Nord-Kivu, basée à Beni, est montée au créneau pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « manipulation » et d’« usurpation d’identité » par certains cadres de l’AFC/M23-RDF, accusés d’organiser des marches au nom de la société civile dans les zones sous leur contrôle.
Dans un communiqué rendu public le mardi 28 juillet, cette structure citoyenne affirme qu’il s’agit d’une tentative de tromper l’opinion nationale et internationale. Elle cite notamment Djeri Levis et Gentil Sonny Mulume, qu’elle présente comme des membres de la rébellion. Selon le document, ces derniers profiteraient des sanctions internationales visant certains dirigeants de l’AFC/M23, dont Corneille Nangaa, pour se réclamer de la société civile et organiser des manifestations de soutien au mouvement rebelle à Goma et Bukavu.
La Société civile du Nord-Kivu rappelle qu’au moment de la prise de Goma et de Bukavu, les véritables acteurs de la société civile et les militants des mouvements citoyens ont été « spécifiquement pris pour cibles ». Elle évoque un lourd bilan marqué par plusieurs morts, des arrestations, des menaces et des cas d’exil forcé.
À cet effet, le communiqué, signé par Piston Misonna Tabasile, président de la Société civile Forces vives (SCFV) de Walikale, affirme qu’« aucun acteur légitime de la Société civile Forces vives de la RDC n’exerce librement ses activités dans les territoires occupés par les rebelles de l’AFC/M23-RDF ».
« Toute activité se réclamant de la société civile dans ces zones se fait sous contrainte et ne reflète en rien la position des forces vives », insiste le document.
La Coordination provinciale désavoue ainsi toute lettre, tout communiqué ou toute déclaration émanant des zones sous occupation et se réclamant de la Société civile Forces vives. Elle appelle les autorités nationales, les partenaires internationaux ainsi que l’opinion publique à ne donner aucune suite à ce qu’elle considère comme une manipulation et à vérifier systématiquement l’origine de toute communication portant le nom de la société civile.
Elle rend également hommage aux « véritables défenseurs des droits humains », qui, selon elle, ont payé un « lourd tribut » depuis le début de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Cette mise au point intervient alors que plusieurs marches ont été signalées le 28 juillet à Goma, Bukavu et Rubaya. Les manifestants y réclamaient notamment la levée des sanctions visant certains dirigeants de l’AFC/M23 et s’opposaient à une révision de la Constitution. Des initiatives que la Société civile légitime du Nord-Kivu refuse d’endosser.
Pour la Coordination provinciale basée à Beni, seule une structure régulièrement établie, disposant d’un mandat et organisée « de la base au sommet », est habilitée à s’exprimer au nom de la Société civile Forces vives. Elle se réserve par ailleurs le droit de traduire en justice toute personne qui usurperait son identité.
Isaac Bin-Ngeve
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