Ebola en RDC : Mgr Nshole parle de « plus de mille morts », le bilan officiel en compte environ 250
Le secrétaire général de la CENCO, Mgr Donatien Nshole, a évoqué « plus de mille morts » d'Ebola en RDC. Au 24 juin 2026, l'épidémie a franchi le millier de cas confirmés mais fait environ 250 décès.
Ebola en RDC : Mgr Nshole parle de « plus de mille morts », le bilan officiel en compte environ 250
AFP
Kinshasa — En réagissant à une déclaration de l’Union sacrée de la Nation sur le débat constitutionnel, Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a évoqué l’épidémie d’Ebola. Dans des propos relayés sur X par le journaliste Stanis Bujakera, il dit avoir lu le texte de la coalition au pouvoir « en ce jour où on vient de certifier plus de mille cas de morts d’Ebola ». Le chiffre, tel qu’énoncé, mélange deux réalités distinctes. L’épidémie a bien franchi le seuil des mille cas confirmés. Elle a fait, elle, environ 250 morts.
L’épidémie en cours est due au virus Bundibugyo, une souche d’Ebola sans vaccin ni traitement homologués. Les autorités sanitaires l’ont déclarée le 15 mai 2026. L’Ituri, dans le nord-est, en est l’épicentre : la province concentre plus de 90 % des cas et près de 80 % des décès.
Le bilan officiel a progressé vite. Le 27 mai, le gouvernement faisait état d’une centaine de cas confirmés et de 17 décès. Le 5 juin, il comptait 381 cas et 63 décès. Dix jours plus tard, le ministre de la Santé publique Roger Kamba dressait un bilan de 808 cas confirmés et 192 décès. Le 19 juin, devant la presse, la représentante intérimaire de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC, Anne Ancia, recensait plus de 890 cas, dont 78 guéris, et plus de 200 décès. Le 20 juin, l’OMS confirmait le franchissement de la barre des 200 morts.
C’est autour du 21 juin que l’épidémie a passé le cap symbolique des mille cas. Le dernier bilan officiel, publié ce week-end et repris par l’AFP, fait état de 1 003 cas confirmés et 254 décès, avec une centaine de personnes guéries et plus de 360 patients en isolement. Certains relevés du ministère de la Santé poussent le décompte jusqu’à 1 048 cas et 267 décès, selon la date d’arrêté retenue. Ces écarts tiennent à la consolidation des données ; ils ne déplacent pas le constat. Le millier concerne les cas. Les morts se comptent en centaines.
Aucune autorité sanitaire — ni le ministère de la Santé, ni l’OMS — n’a fait état de mille décès. Le taux de létalité tourne autour de 25 %, ce qui range cette flambée parmi les plus meurtrières jamais enregistrées sur le continent dès son premier mois. Fin mai déjà, Médecins sans frontières alertait : « Jamais une épidémie n’avait enregistré autant de cas aussi tôt. »
La formule de Mgr Nshole relève donc, selon toute vraisemblance, du raccourci entre « cas » et « morts » plutôt que de l’affirmation délibérée. Sa réaction visait à pointer un décalage : une classe politique absorbée par la révision constitutionnelle pendant qu’une épidémie grave et une crise sécuritaire frappent l’est du pays. Ce constat de gravité est exact. Le chiffre qui l’accompagne ne l’est pas. Ramené à mille, le nombre de morts est presque quadruplé par rapport au bilan réel d’environ 250 décès.
La nuance n’est pas qu’arithmétique. Dans une épidémie où le traçage des contacts plafonne à 55 % de couverture et où la défiance ralentit la riposte, chaque chiffre pèse. Confondre les cas et les morts gonfle la peur d’un côté, fragilise le message de l’autre. Le bilan d’Ebola en RDC, au 24 juin 2026, reste celui-ci : plus de mille personnes contaminées, environ 250 décédées.