Est de la RDC : Kinshasa affirme avoir retracé des drones turcs lancés depuis le Rwanda
Selon Africa Intelligence, les autorités congolaises ont identifié des drones d’attaque turcs Bayraktar TB2 opérant depuis des aéroports rwandais. Cette révélation intervient dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali autour du conflit dans l’Est de la RDC.
Est de la RDC : Kinshasa affirme avoir retracé des drones turcs lancés depuis le Rwanda
AFP
Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) affirment avoir identifié l’utilisation de drones d’attaque turcs Bayraktar TB2 par le Rwanda dans le conflit qui secoue l’Est du pays. Selon une information révélée ce mercredi par Africa Intelligence, Kinshasa s’appuie sur des analyses techniques consignées dans une note confidentielle pour soutenir cette thèse.
D’après cette publication, les investigations menées par les services congolais concluent à un recours intensif à ces aéronefs sans pilote, qui ont été lancés depuis plusieurs aéroports situés sur le territoire rwandais afin d’appuyer les opérations militaires contre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Si ces informations étaient confirmées, elles viendraient renforcer les accusations récurrentes de Kinshasa contre Kigali, que le gouvernement congolais accuse depuis plusieurs années de soutenir militairement la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), active dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les accusations russes
Depuis la résurgence du M23 fin 2021, plusieurs rapports d’experts des Nations unies, ainsi que des prises de position des États-Unis, de la France et de l’Union européenne, ont conclu à l’existence d’un soutien militaire rwandais au mouvement rebelle. Kigali continue néanmoins de nier toute implication directe.
Le conflit a provoqué une grave crise humanitaire, avec des millions de personnes déplacées dans l’Est de la RDC et la prise de plusieurs localités stratégiques par le M23 ces derniers mois. Les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali se sont également intensifiées sur la scène internationale. La RDC multiplie les démarches auprès des organisations régionales et des partenaires internationaux pour obtenir des sanctions contre les responsables présumés du soutien au M23.
Dans ce contexte, la Russie a récemment accusé l’Ukraine de soutenir les « terroristes » du M23. Moscou affirme que des instructeurs militaires ukrainiens formeraient les combattants du mouvement rebelle et que des drones de fabrication ukrainienne seraient utilisés dans l’Est de la RDC. Ces accusations n’ont toutefois été étayées par aucune preuve publique à ce jour et ont été rejetées par les autorités ukrainiennes, qui dénoncent des allégations infondées.
Les révélations d’Africa Intelligence sur l’utilisation présumée de drones Bayraktar TB2 pourraient ainsi alimenter davantage les débats autour de l’internationalisation du conflit, alors que les efforts diplomatiques engagés sous l’égide des processus de Luanda et de Doha peinent encore à produire une désescalade durable sur le terrain.
Odon Bakumba
RDC : le gouvernement dénonce la poursuite des activités hostiles du RDF-M23
Sud-Kivu : les FARDC repoussent les attaques du M23 et consolident leurs positions à Kalehe et Walungu