Sécurité & Défense « Les FDLR ne peuvent plus servir de prétexte » : Suminwa avance un protocole et 120 rapatriés

« Les FDLR ne peuvent plus servir de prétexte » : Suminwa avance un protocole et 120 rapatriés

À l’ONU, la Première ministre a opposé deux actes datés à l’argument que Kigali avance pour sa présence militaire : un protocole signé le 30 mai 2026 par la direction des FDLR, et le rapatriement de 120 personnes associées au mouvement le 8 septembre avec l’appui de la MONUSCO.

« Les FDLR ne peuvent plus servir de prétexte » : Suminwa avance un protocole et 120 rapatriés
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 25 SEPTEMBRE 2026 - 14:47 WAT · 5 min de lecture

Devant l’Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre à New York, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a consacré à la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda un développement qui vise un argument précis de Kigali. « Sur la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda, longtemps invoquée par Kigali pour justifier sa présence militaire sur notre territoire, la République démocratique du Congo assume ses responsabilités », a-t-elle déclaré au débat général de la 81ᵉ session, où elle représentait Félix Tshisekedi. À l’appui, deux actes datés.

Un protocole signé le 30 mai 2026

Le premier est un protocole signé le 30 mai 2026 par la direction politique et militaire des FDLR. Selon le discours, il prévoit le désarmement et la démobilisation du mouvement, le cantonnement de ses combattants en vue de leur rapatriement ou de leur relocalisation, et cela jusqu’à la dissolution du mouvement. La cheffe du gouvernement a précisé que ces dispositions s’appliquent sans préjudice des poursuites judiciaires pour les crimes graves.

Le discours ne donne ni le nombre de combattants concernés, ni la localisation des sites de cantonnement, ni le nom de l’organe chargé de constater le désarmement. Il n’indique pas non plus qui, du côté congolais, a contresigné le protocole.

Cent vingt personnes rapatriées le 8 septembre

Le second acte est une opération. « Le rapatriement, le 8 septembre dernier, avec l’appui de la MONUSCO, de 120 personnes associées aux FDLR, en constitue une première traduction concrète », a dit la Première ministre.

La formule est prudente et mérite d’être lue au mot. Il s’agit de « personnes associées aux FDLR », catégorie qui, dans le vocabulaire des opérations de rapatriement, englobe les combattants et les personnes à leur charge, épouses et enfants compris. Le discours ne dit pas la répartition entre les deux.

La conséquence que Kinshasa en tire

De ces deux actes, le gouvernement tire une conclusion politique adressée au Rwanda. « La question des FDLR ne saurait donc plus servir de prétexte au maintien d’une présence militaire étrangère sur notre territoire », a affirmé Judith Suminwa Tuluka.

La phrase répond à la justification que Kigali avance de longue date pour sa présence dans l’est du pays. Le discours qualifie par ailleurs la situation sans détour : « Mon pays demeure confronté à une guerre d’agression menée par le Rwanda sous couvert de l’AFC/M23, en violation de sa souveraineté et de son intégrité territoriale, comme l’ont documenté les Nations unies. » Il cite aussi les ADF et la CODECO parmi les groupes qui aggravent la crise humanitaire.

La neutralisation des FDLR est précisément l’un des deux points restés en suspens lors de la dernière session du mécanisme conjoint de coordination de la sécurité, où la RDC et le Rwanda se sont retrouvés sur deux engagements non exécutés. La septième session s’est achevée le 17 septembre à Genève, sans texte publié par les six parties dans les vingt-quatre heures.

Quatre exigences pour les mécanismes de Washington et de Doha

Le discours enchaîne sur une liste de conditions. « La mise en œuvre coordonnée des mécanismes de Washington, de Doha et de l’Union africaine doit donc reposer sur un calendrier précis, une vérification indépendante, un partage régulier de l’information et des conséquences effectives en cas de violation. »

Les compteurs de ces deux processus sont connus. Le cadre de Doha affichait 18,6 % de mise en œuvre treize mois après sa signature, avec quinze détenus remis sur 477 identifiés. Sur le terrain, les forces armées congolaises accusaient encore lundi l’AFC/M23 de violer le cessez-le-feu sur l’axe Walikale-Masisi, et l’administration parallèle installée par la coalition continue de nommer et de percevoir, alors que son démantèlement figure parmi les exigences de la résolution 2773.

Sur la MONUSCO, une ligne défensive

Le passage sur la mission onusienne écarte tout calendrier de retrait. « Toute évolution de sa présence devra être déterminée par les conditions de sécurité sur le terrain, le renforcement des capacités nationales et la garantie qu’aucun vide ne sera laissé au détriment des populations », a dit la Première ministre, en rappelant que la MONUSCO conserve un rôle essentiel dans la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et l’appui aux mécanismes convenus.

Ce rôle, le chef de la mission l’a lui-même délimité dix jours plus tôt à Kinshasa, lorsque James Swan a cantonné le mandat de la MONUSCO à l’appui à la vérification et au suivi du cessez-le-feu.

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B
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