Diplomatie Est de la RDC : la MONUSCO recense 632 civils tués en trois mois et réclame le déploiement de l’EJVM+

Est de la RDC : la MONUSCO recense 632 civils tués en trois mois et réclame le déploiement de l’EJVM+

Devant le Conseil de sécurité, le chef de la MONUSCO James Swan a fait état de 632 civils tués au Nord-Kivu et en Ituri depuis le 19 mars, et réclamé le déploiement rapide du mécanisme de vérification du cessez-le-feu prévu par Doha.

Est de la RDC : la MONUSCO recense 632 civils tués en trois mois et réclame le déploiement de l’EJVM+
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 27 JUIN 2026 - 02:30 WAT · 3 min de lecture

Le chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC, James Swan, a présenté vendredi 26 juin devant le Conseil de sécurité un bilan de 632 civils tués au Nord-Kivu et en Ituri depuis le 19 mars 2026, et a réclamé le déploiement rapide du mécanisme chargé de surveiller le cessez-le-feu dans l’Est.

Sur la même période, le Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’homme a recensé 1 221 violations, touchant près de 3 000 victimes, dont 392 femmes et 378 enfants. Plusieurs cas de violences sexuelles sont attribués tant à des groupes armés qu’à des membres des forces de sécurité congolaises, selon la mission.

Les Forces démocratiques alliées (ADF) concentrent une part de ces pertes. En Ituri, le groupe a tué 287 civils depuis le précédent rapport au Conseil, dont 44 femmes. Au Nord-Kivu, après une accalmie en début d’année, ses attaques ont repris, avec 66 civils tués ces dernières semaines, dont 17 femmes et 3 enfants. L’accès humanitaire reste difficile dans ces zones.

Swan a décrit une situation militaire « complexe, volatile et dévastatrice pour les populations », marquée par des combats opposant l’AFC/M23, soutenu par les Forces de défense rwandaises, aux FARDC et, par endroits, aux FDLR. Il a relevé un recours croissant aux drones offensifs, à l’artillerie et aux armes lourdes, qui « intensifient sérieusement les risques pour les civils et les infrastructures ».

Le représentant onusien a situé trois foyers de tension : Rubaya, centre minier du Nord-Kivu, la zone de Rutshuru, où s’opposent l’AFC/M23 et les FDLR, et les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, autour du village de Minembwe.

Sur le plan diplomatique, Swan a noté un retrait partiel de l’AFC/M23 à Lubero, Walikale et dans la plaine de la Ruzizi, à Uvira, conformément à ses engagements pris dans le cadre des accords de Washington et du processus de Doha. Il a toutefois averti que le groupe continue de « consolider ses structures administratives parallèles » dans les zones sous son contrôle.

Le diplomate a salué la signature d’un mémorandum entre le gouvernement congolais, l’AFC/M23 et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs pour rendre opérationnel le Mécanisme conjoint élargi de vérification, l’EJVM+, chargé de surveiller le cessez-le-feu prévu par Doha. La MONUSCO s’est dite prête à lui apporter un soutien logistique et sécuritaire, et a réclamé « le déploiement rapide » de ce mécanisme.

Pour répondre à ces violences, la mission a conduit plus de 2 100 patrouilles conjointes avec les FARDC et déployé des bases mobiles dans les zones les plus exposées, malgré une crise de liquidités qui touche l’ensemble des opérations de maintien de la paix de l’ONU. Elle appuie aussi les mécanismes locaux de paix, avec des avancées signalées en Ituri autour du dialogue entre groupes armés.

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B
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