Diplomatie OIF : les soutiens déjà acquis à la candidature de Juliana Amato Lumumba

OIF : les soutiens déjà acquis à la candidature de Juliana Amato Lumumba

OIF : les soutiens déjà acquis à la candidature de Juliana Amato Lumumba
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 17 AOÛT 2026 - 17:50 WAT · 6 min de lecture

À moins de trois mois de l’élection du prochain Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la République démocratique du Congo (RDC) intensifie son offensive diplomatique en faveur de sa candidate, Juliana Amato Lumumba.

Depuis plusieurs mois, Kinshasa multiplie les démarches auprès des États et gouvernements membres de l’organisation. De Brazzaville à Dakar, en passant par Praia, Nouakchott, Lomé, Bruxelles, Luxembourg, Berne, Ottawa, N’Djamena, Bangui, Malabo, São Tomé et Le Caire, les autorités congolaises cherchent à rallier le maximum de soutiens à leur candidature.

À ce stade, il convient toutefois de distinguer les soutiens officiellement exprimés des pays auprès desquels la RDC a simplement sollicité un appui.

Le scrutin est prévu le 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, lors du huis clos électif du XXe Sommet de la Francophonie. Le ou la prochain(e) Secrétaire général(e) exercera un mandat de quatre ans, pour la période 2027-2030. Pour la première fois, les quatre candidats en lice ont été formellement auditionnés par les représentants des États et gouvernements membres de plein droit.

Des soutiens déjà affichés

Parmi les soutiens clairement documentés figure celui de la République du Congo. Le 31 mars 2026, à Brazzaville, le président Denis Sassou Nguesso a reçu Juliana Amato Lumumba et le ministre délégué chargé de la Francophonie, Crispin Mbadu. À l’issue de cette rencontre, le ministère congolais des Affaires étrangères a fait état du soutien de Brazzaville à la candidature de la RDC. Le gouvernement de la République du Congo avait également indiqué que la délégation congolaise était venue solliciter son appui.

La RDC a également obtenu des marques de soutien dans son propre espace politique et institutionnel, tandis que le président Félix Tshisekedi a confirmé son engagement à accompagner Juliana Amato Lumumba sur les plans diplomatique et politique. Lors d’une rencontre avec la candidate, le chef de l’État avait notamment assuré que la RDC mettrait tout en œuvre pour soutenir sa campagne internationale.

En revanche, pour plusieurs autres pays, les démarches documentées par les autorités congolaises correspondent davantage à des sollicitations de soutien qu’à des engagements officiellement acquis.

Une offensive diplomatique menée à travers l’Afrique

Le Sénégal a ainsi été approché le 2 avril 2026. À Dakar, Crispin Mbadu, porteur d’un message de Félix Tshisekedi, a été reçu par le président Bassirou Diomaye Faye et a plaidé en faveur de la candidature de Juliana Amato Lumumba.

Le lendemain, la délégation congolaise s’est rendue en Mauritanie, où elle a également sollicité l’appui du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le 6 avril, la campagne diplomatique s’est poursuivie au Cap-Vert. À Praia, Crispin Mbadu a transmis un message de Félix Tshisekedi au président José Maria Neves et plaidé pour le soutien de l’archipel à la candidature congolaise.

Le Togo a constitué une autre étape de cette offensive. Le 7 avril, le ministre congolais a été reçu à Lomé par le président Faure Gnassingbé et a sollicité son soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba.

En mai, Kinshasa a poursuivi cette stratégie en Afrique centrale. Crispin Mbadu a notamment été reçu le 5 mai par le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, puis le 6 mai par le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno. Le 8 mai, il s’est rendu en Guinée équatoriale et à São Tomé-et-Principe pour défendre la candidature congolaise.

La RDC a également poursuivi son plaidoyer au Maroc et en Égypte. Selon le ministère congolais des Affaires étrangères, Crispin Mbadu a sollicité à Rabat l’appui du Royaume du Maroc, tandis qu’une mission conduite au Caire avec Juliana Amato Lumumba a permis de présenter la candidature aux autorités égyptiennes.

L’Europe et le Canada également ciblés

En Europe, Kinshasa a engagé une série de consultations à partir du mois d’avril.

Le 9 avril, Crispin Mbadu a entamé sa tournée européenne à Bruxelles. Le lendemain, il s’est rendu au Luxembourg pour solliciter le soutien du Grand-Duché. Il a également transmis, auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles, un message du président Tshisekedi à la ministre-présidente Élisabeth Degryse.

Le 15 avril, la Suisse a constitué une autre étape de cette campagne. À Berne, Crispin Mbadu a sollicité le soutien de la Confédération suisse à la candidature de Juliana Amato Lumumba.

Au Canada, le plaidoyer congolais s’est poursuivi les 20 et 21 avril. À Ottawa, le ministre délégué a notamment présenté la vision de la RDC à la ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, et échangé avec des parlementaires et des responsables francophones afin de rechercher leur appui.

Une campagne jusqu’au dernier jour

Kinshasa entend désormais consolider ses démarches auprès des différents États membres de l’OIF, notamment en Afrique du Nord et en Asie.

L’objectif est de transformer les nombreuses sollicitations diplomatiques engagées depuis plusieurs mois en engagements fermes avant le scrutin.

Le processus électoral revêt une importance particulière cette année. Pour la première fois depuis la création de l’OIF, les candidats ont été soumis à des auditions formelles devant les représentants des États et gouvernements membres de plein droit. Quatre candidatures sont actuellement en lice : Juliana Amato Lumumba pour la RDC, Coumba Bâ pour la Mauritanie, Dacian Cioloș pour la Roumanie et Louise Mushikiwabo, secrétaire générale sortante, pour le Rwanda.

L’élection aura lieu le 16 novembre 2026 à Phnom Penh, lors du huis clos électif du XXe Sommet de la Francophonie. Le ou la secrétaire général(e) sera élu(e) par les chefs d’État et de gouvernement des 53 États et gouvernements membres de plein droit de l’OIF.

L’organisation compte au total 90 États et gouvernements, dont 53 membres, cinq membres associés et 32 observateurs. Seuls les membres de plein droit participeront à l’élection du prochain Secrétaire général.

Pour Kinshasa, l’enjeu des prochaines semaines sera donc de convertir les consultations diplomatiques menées depuis le début de l’année en votes effectifs le jour du scrutin.

Silas MUNGINDA

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