Crise en RDC : les dessous de la rencontre entre Ambongo et Sassou Nguesso
Reçu jeudi soir à Brazzaville par Denis Sassou Nguesso avec le cardinal Ambongo, l'abbé Nshole (CENCO) décrit un président « très préoccupé » par la crise congolaise, qui dit avoir échangé avec Tshisekedi et prodigué des « conseils » pour en sortir.
Crise en RDC : les dessous de la rencontre entre Ambongo et Sassou Nguesso
AFP
La situation politique et institutionnelle de la RDC était au menu de l’audience accordée jeudi soir par le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, au cardinal Fridolin Ambongo. L’archevêque de Kinshasa était accompagné de l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général et porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), à la résidence du Plateau, à Brazzaville.
À sa sortie, l’abbé Nshole a décrit un hôte gagné par l’inquiétude. « Préoccupé, je dirais même très préoccupé par la situation que traverse notre pays, qu’il considère comme un pays frère », a-t-il rapporté, dans une vidéo diffusée par la présidence congolaise. Selon lui, Denis Sassou Nguesso « a voulu écouter le cardinal » en tant que pasteur investi, à ses yeux, d’une responsabilité sur la vie de la cité.
Le président congolais a indiqué avoir aussi échangé avec Félix Tshisekedi, a poursuivi le porte-parole de la CENCO. « Il nous a donné des conseils nécessaires pour nous aider à pouvoir sortir de cette crise », a déclaré l’abbé Nshole, sans dévoiler la teneur de ces conseils.
Interrogé sur la fragilité de la RDC, il a d’abord pointé la guerre dans l’Est. « Le pays est en guerre. Une partie de nos compatriotes ne peuvent plus être en communion physique avec nous, pour diverses raisons. Les gens continuent à mourir sur le champ de bataille, et ce n’est pas peu de choses », a-t-il affirmé.
Cette fragilité tient aussi au débat sur le projet de révision constitutionnelle, qui divise la classe politique congolaise. L’audience de Brazzaville s’inscrit dans une séquence diplomatique dense. Elle fait suite aux contacts noués le 6 juillet à Bujumbura par le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, avec l’opposition congolaise et les principaux responsables religieux, ainsi qu’à une visite de travail de Félix Tshisekedi à Brazzaville en début de mois.
Voix écoutées de la CENCO, le cardinal Ambongo et l’abbé Nshole enchaînent les contacts régionaux à mesure que se cherche une issue à la crise congolaise.