Dialogue national : Tshisekedi pose une condition d’entrée, n’avoir « rien à voir avec le Rwanda »
Devant la diaspora congolaise en Russie le 30 octobre 2026, le chef de l’État a posé une condition d’entrée au dialogue national : n’avoir « rien à voir avec le Rwanda », dénoncer son passé et se défaire de tout lien avec Kigali. Il qualifie l’AFC/M23 de « pantins » et annonce que le comité d’organisation sera « bientôt » composé, une semaine après l’avoir promis pour la semaine suivante.
Dialogue national : Tshisekedi pose une condition d’entrée, n’avoir « rien à voir avec le Rwanda »
AFP
Félix Tshisekedi a posé une condition d’entrée au dialogue national : n’avoir « rien à voir avec le Rwanda ». Le chef de l’État s’adressait le 30 octobre 2026 à la diaspora congolaise en Russie, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. Il a annoncé que les assises approchent et que le comité chargé de les organiser sera « bientôt » composé.
Une condition d’admission adressée à ceux qui voudraient venir
Selon le président, le dialogue se tiendra avec ceux qui n’ont « rien à voir avec le Rwanda ». Ceux qui souhaitent y prendre part doivent, a-t-il insisté, dénoncer leur passé et se défaire de tout lien avec Kigali.
La formule déplace le débat. Jusqu’ici, la discussion portait sur le convocateur, le lieu et le médiateur. Au Centre interdiocésain, le 16 septembre, Patrick Muyaya, Martin Fayulu et Marie-Ange Mushobekwa avaient tous dit oui au dialogue sans s’accorder sur ces trois points, dont la place à réserver à l’AFC/M23. Le chef de l’État tranche désormais par la liste des admis plutôt que par la procédure.
L’AFC/M23 qualifié de « pantins »
Félix Tshisekedi a qualifié l’AFC/M23 de « pantins ». Il a affirmé que le mouvement réclamerait que le kinyarwanda devienne la cinquième langue nationale de la République démocratique du Congo. Cette revendication n’a pas été documentée publiquement par le mouvement lui-même, et le propos reste à ce stade celui du chef de l’État.
Sur le fond, la Constitution est explicite. Son article premier dispose que le français est la langue officielle et que les langues nationales sont le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba. En ajouter une cinquième supposerait une révision constitutionnelle, c’est-à-dire le terrain même sur lequel la Coalition pour la défense de l’article 64 a bloqué sa ligne à Rome, en refusant dans les mêmes termes le changement de Constitution et la prise du pouvoir par les armes.
Le comité était promis pour la semaine dernière
L’annonce d’un comité « bientôt » composé intervient après une autre, plus précise. Le 24 octobre, devant l’Union sacrée, le chef de l’État annonçait nommer dès la semaine suivante l’équipe chargée de préparer le dialogue. Cette semaine s’est achevée sans nomination.
L’ordonnance qui institue le comité d’organisation préliminaire, placé sous l’autorité directe du chef de l’État, date du 13 septembre. Sept semaines plus tard, ses membres ne sont pas connus. BETO écrivait dès le 21 septembre que tout se jouerait sur cette liste de noms, et le critère énoncé à Moscou en précise le filtre avant même qu’elle existe.
Qui la condition vise-t-elle
Le président n’a cité aucun nom. Deux ensembles sont néanmoins concernés par la formule. L’AFC/M23 d’abord, que le gouvernement congolais présente comme le relais d’une agression rwandaise, et dont Washington a sanctionné le soutien venu du ministère rwandais de la Défense le 28 octobre. Le Front pour la refondation de la nation ensuite, dirigé par Joseph Kabila, dont l’Assemblée nationale a demandé à la SADC qu’elle lui retire son statut d’ancien chef d’État.
Reste la question pratique que le dialogue devra trancher : par quel acte un parti ou une personnalité « dénonce son passé », et qui en juge. Les quatre points qui donneront la réponse tiennent toujours : le convocateur, la composition, le mandat, et ce qu’il advient de ce qui en sortira.
Rédaction
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