Marche du 15 septembre : la C64 tient Félix Tshisekedi pour responsable de la mort d’un militant
Dans un communiqué en treize points publié le 17 septembre 2026, la coalition d’opposition met en cause la responsabilité politique et pénale du chef de l’État. La police de Kinshasa avait affirmé la veille qu’aucune vie n’avait été perdue.
Marche du 15 septembre : la C64 tient Félix Tshisekedi pour responsable de la mort d’un militant
AFP
La Coalition pour la défense de l’ordre constitutionnel a publié le jeudi 17 septembre 2026 un communiqué en treize points sur la marche du 15 septembre. Elle y tient le président Félix Tshisekedi pour responsable de la mort d’un militant de l’opposition, survenue à Kinshasa. La police de la capitale avait affirmé la veille qu’aucune vie n’avait été perdue.
Ce que dit la coalition
Réunie en conférence des présidents le 17 septembre, la C64 déclare condamner « avec la plus grande fermeté l’assassinat ce 15 septembre 2026 pendant la marche à Kinshasa de monsieur Manassé Lomboto Bomengola, cadre du parti ADDCONGO ».
Elle impute cette mort à une milice qu’elle nomme « Force du progrès » et qu’elle présente comme liée à l’UDPS, appuyée selon elle par la police et l’armée. « La C64 tient M. Felix TSHISEKEDI pour responsable de cet assassinat et de toutes ces violations de droits de l’homme », écrit la coalition, qui met en cause sa responsabilité « politique et pénale ».
Le texte décrit un « guet-apens » tendu à un cortège dont l’itinéraire avait été fixé avec les autorités de la ville. Il cite parmi les corps mis en cause la police nationale, la garde républicaine et le Service national.
Ce qui est établi par ailleurs
La mort d’un militant a été rapportée le 15 septembre par l’Agence France-Presse. Manassé Lomboto Bomengala, chargé de la sécurité de Prince Epenge, président d’ADDCongo, est décédé à l’hôpital Olympic après avoir été grièvement blessé devant le siège de l’UDPS, à Limete. L’opposition faisait état d’une cinquantaine de blessés.
Martin Fayulu, lui-même blessé ce jour-là, déclarait à l’AFP : « ce que j’ai vu aujourd’hui est extrêmement grave ». Il avait affirmé le même jour sur Radio Okapi : « Félix Tshisekedi nous a tendu un guet-apens ».
Le 15 septembre, des sources sécuritaires citées par Radio Okapi indiquaient qu’aucun mort n’avait été enregistré. Le lendemain, le commandant de la police de la ville de Kinshasa, le commissaire divisionnaire Israël Bankulu Kantu, saluait « le professionnalisme » de ses hommes et affirmait un bilan sans « perte en vies humaines ni aucun dégât matériel important », propos rapportés par l’Agence congolaise de presse.
Quatre demandes et un bilan annoncé
La coalition exige la libération de toutes les personnes arrêtées, l’ouverture de poursuites pénales contre les auteurs des violences, le démantèlement de la milice qu’elle désigne, et la condamnation judiciaire des auteurs de la mort de son militant.
Elle annonce la publication, « dans les heures qui viennent », d’un bilan détaillé des violations sur l’ensemble du territoire, et cite seize villes où des interdictions, arrestations ou détentions auraient eu lieu, dont Lubumbashi, Kolwezi, Likasi, Kananga, Kindu, Kalemie, Matadi, Kikwit, Mbandaka, Kisangani et Tshikapa.
Le douzième point du communiqué annonce que la coalition adoptera « des mesures de légitime défense contre toute entrave à ses activités publiques ». Le dixième déplore la « complaisance » des États-Unis et des pays de l’Union européenne.
Aucune enquête judiciaire annoncée
Aucune autorité judiciaire n’a annoncé l’ouverture d’une enquête sur la mort de Manassé Lomboto Bomengala. La présidence de la République et le gouvernement n’ont pas réagi au communiqué de la coalition.
Le 16 septembre, la représentation provinciale de la Commission nationale des droits de l’homme au Haut-Katanga avait dénoncé les violences policières survenues à Lubumbashi lors de la même marche.