Politique Félix Tshisekedi : « Doha n’a pas annulé les processus de Nairobi et Luanda »
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Félix Tshisekedi : « Doha n’a pas annulé les processus de Nairobi et Luanda »

Félix Tshisekedi : « Doha n’a pas annulé les processus de Nairobi et Luanda »
AFP

La Rédaction
Kinshasa - 26 MARS 2025 - 11:20 WAT · 4 min de lecture

Le président de la République Félix Tshisekedi a tenu à clarifier la portée de sa récente rencontre avec son homologue rwandais, Paul Kagame, à Doha, lors d’une réunion interinstitutionnelle tenue mardi 25 mars avec les responsables des principales institutions congolaises.

Selon lui, cette initiative diplomatique menée par le Qatar ne remet pas en cause les processus de Luanda et de Nairobi, déjà engagés pour résoudre le conflit opposant la RDC au Rwanda.

Félix Tshisekedi est revenu sur l’entretien qu’il a eu avec Paul Kagame à Doha, sous l’égide de l’Émir du Qatar. « Doha n’a annulé ni Luanda ni Nairobi ; au contraire, cela vient renforcer les démarches entreprises dans ce cadre », a affirmé la présidence congolaise.

Au cours de cette réunion, qui s’est déroulée en présence de la Première ministre Judith Sumwina, du président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, du premier vice-président du Sénat José Kalala et du président de la Cour constitutionnelle Dieudonné Kamuleta, le chef de l’État congolais a également exprimé sa reconnaissance envers son homologue angolais João Lourenço. Ce dernier s’était jusque-là investi comme médiateur dans la crise, avant d’annoncer son retrait après la rencontre de Doha.

Une approche diplomatique élargie

Félix Tshisekedi a insisté sur la complémentarité des différentes initiatives diplomatiques en cours. Il a souligné le rôle conjoint de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dans le processus de paix, en lien avec les cadres de Nairobi et de Luanda. Il a également mis en avant la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée à l’unanimité, qui vise à soutenir les efforts de stabilisation dans l’est de la RDC.

Vital Kamerhe, qui s’exprimait au nom des chefs des institutions présentes, a remercié tous ceux qui ont œuvré pour l’adoption de cette résolution, soulignant son importance pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC.

Le cessez-le-feu convenu à Doha

À Doha, Félix Tshisekedi et Paul Kagame avaient convenu d’un cessez-le-feu « immédiat et inconditionnel » dans la région du Kivu, où les violences entre les forces congolaises et le M23, un groupe rebelle soutenu par Kigali selon Kinshasa, continuent de menacer la stabilité régionale. Cependant, malgré cette annonce, les tensions restent vives sur le terrain, et l’effectivité de cet accord demeure incertaine.

Par ailleurs, le retrait de João Lourenço en tant que médiateur a suscité des interrogations sur l’avenir du processus de paix. Certains observateurs estiment que l’entrée du Qatar dans les négociations pourrait redistribuer les cartes, mais son impact concret reste encore à mesurer.

Un dialogue politique sans l’opposition

Dans un autre registre, Félix Tshisekedi a lancé depuis lundi des consultations en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Ces discussions, menées par son conseiller en matière de sécurité, réunissent des figures institutionnelles, notamment les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que des membres de plusieurs regroupements politiques.

Cependant, cette initiative a été boycottée par plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Matata Ponyo et Delly Sesanga. Ces derniers dénoncent une démarche qui, selon eux, ne vise qu’à légitimer le pouvoir en place sans apporter de véritables solutions aux défis du pays.

Ézéchiel CTM

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