Cuivre : le repli des cours met à l’épreuve un budget congolais adossé aux mines
Le cuivre poursuit son repli quand les volumes congolais battent des records. Pour un budget arrimé aux mines, la baisse des cours pèse sur les recettes de l'État.
Cuivre : le repli des cours met à l’épreuve un budget congolais adossé aux mines
AFP
Le cuivre a poursuivi son repli sur les marchés internationaux dans la première semaine de juin. La baisse reste modérée et ressemble à une consolidation après des mois de prix historiquement hauts, note Zoom Eco. Pour la RDC, premier producteur africain du métal rouge, chaque variation du cours se répercute presque aussitôt sur les recettes d’exportation et sur le budget de l’État.
Les volumes, eux, battent des records. Le pays a exporté 3,1 millions de tonnes de cuivre en 2024, puis plus de 3,4 millions en 2025, auxquelles s’ajoutent quelque 220 000 tonnes de cobalt, selon les chiffres repris par la presse économique congolaise. Le cuivre représente l’essentiel des exportations minières du pays. Il pèse donc sur les entrées de devises comme sur les rentrées fiscales.
C’est là que le repli des cours devient un sujet budgétaire. Quand le prix baisse alors que la production grimpe, l’État encaisse moins que ne le laisserait croire le tonnage. Au Conseil des ministres du 24 avril, Félix Tshisekedi a redit sa volonté de mieux capter les revenus tirés des performances record du secteur, signe que la captation de la rente minière reste un chantier ouvert.
Un autre risque pèse sur l’offre. Une pénurie d’acide sulfurique, intrant clé du traitement du minerai, pourrait amputer la production congolaise de cuivre de 125 000 tonnes en 2026, selon Sikafinance. À la pression des prix s’ajouterait alors une contrainte sur les volumes.
La réponse de fond tient en un mot, répété par le gouvernement : transformer. Lithium, usine de batteries, montée dans la chaîne de valeur, Kinshasa veut tirer du métal autre chose qu’un minerai brut vendu au cours du jour. Mais ces projets se comptent en années. D’ici là, le budget congolais reste accroché au cycle du cuivre.