GAFI–FMI : la RDC renforce sa crédibilité financière et attend 771 millions USD
GAFI–FMI : la RDC renforce sa crédibilité financière et attend 771 millions USD
AFP
La République démocratique du Congo (RDC) a conclu, le 4 novembre 2026, un accord avec les services du Fonds monétaire international (FMI) sur la quatrième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et la troisième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cet accord, intervenu quelques jours après le retrait du pays de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), pourrait ouvrir la voie à un décaissement d’environ 771 millions de dollars américains, sous réserve de l’approbation du Conseil d’administration du FMI.
Dans une dépêche publiée vendredi 6 novembre 2026, le ministère des Finances présente ces deux avancées comme des résultats importants des réformes engagées pour renforcer la stabilité macroéconomique, assainir le système financier et améliorer la crédibilité de la RDC auprès des partenaires internationaux.
Selon le ministère des Finances, ces réformes sont conduites sous l’impulsion du Président de la République, Félix Tshisekedi, et sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. Elles interviennent dans un contexte économique marqué notamment par la persistance du conflit dans l’Est du pays, la résurgence de la maladie à virus Ebola et les tensions internationales qui continuent de peser sur les finances publiques.
La sortie de la liste grise du GAFI, intervenue le 30 octobre 2026, constitue l’un des principaux résultats mis en avant par le gouvernement. Placée sous surveillance renforcée depuis octobre 2022, la RDC a obtenu son retrait après avoir achevé les 23 actions du plan convenu avec cette organisation internationale spécialisée dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
D’après les données communiquées par le ministère des Finances, les réformes entreprises ont notamment permis de renforcer la supervision fondée sur les risques, les capacités opérationnelles de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), les mécanismes d’enquête et de poursuite ainsi que l’application des sanctions financières ciblées.
Entre 2022 et décembre 2025, environ 540 contrôles sur pièces et sur place ont été réalisés. Sur un total de 246 enquêtes, les autorités judiciaires ont engagé près de 100 poursuites. Le bilan présenté fait également état de 31 saisies et de 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle, pour une valeur totale estimée à 46,75 millions de dollars américains.
Pour le ministère des Finances, ces résultats témoignent du renforcement progressif des dispositifs nationaux de prévention, de détection et de répression de la criminalité financière.
La mission du FMI a, de son côté, salué le retrait de la RDC de la liste grise du GAFI, tout en encourageant les autorités congolaises à préserver les acquis des réformes.
Sur le plan économique, le gouvernement considère que cette décision pourrait contribuer à améliorer les relations entre les banques congolaises et leurs correspondants étrangers, à faciliter les paiements transfrontaliers et à créer un environnement plus favorable aux investissements.
Parallèlement, l’accord conclu avec les services du FMI ouvre de nouvelles perspectives de financement pour le pays. Son examen par le Conseil d’administration de l’institution financière internationale est attendu en décembre 2026.
Selon les projections des services du FMI reprises par le ministère des Finances, la croissance économique de la RDC devrait rester supérieure à 5 % en 2026 et à moyen terme, malgré un ralentissement de l’activité économique.
Dans le cadre des discussions, le gouvernement congolais a sollicité des ressources supplémentaires au titre de la Facilité élargie de crédit afin de soutenir la riposte contre l’épidémie d’Ebola. Il a également demandé un appui au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité pour renforcer les capacités nationales de préparation et de réponse aux épidémies.
Sous réserve des approbations requises au FMI, les décaissements attendus sont estimés à environ 771 millions de dollars américains. Sur cette enveloppe, près de 240 millions de dollars devraient contribuer au financement du volet 2026 du plan de riposte contre Ebola.
Ces ressources pourraient ainsi permettre au gouvernement de soutenir son programme économique tout en renforçant les moyens consacrés à la réponse sanitaire.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a salué la mobilisation des experts des ministères des Finances et du Budget, des équipes de la Banque centrale du Congo ainsi que des autorités de supervision, d’enquête et de poursuite ayant participé à la mise en œuvre des réformes.
Dans sa dépêche, le ministère des Finances inscrit ces résultats dans une dynamique plus large de consolidation des finances publiques, évoquant également la première émission d’euro-obligations de la RDC.
Pour le gouvernement, la sortie de la liste grise du GAFI, l’accord avec les services du FMI et le recours aux marchés financiers internationaux traduisent une volonté de renforcer la crédibilité financière du pays et de mobiliser davantage de ressources pour son développement.
Rédaction
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