Climat et environnement Gestion des forêts dans la Tshopo : au-delà des titres, le défi de l’accompagnement

Gestion des forêts dans la Tshopo : au-delà des titres, le défi de l’accompagnement

Gestion des forêts dans la Tshopo : au-delà des titres, le défi de l’accompagnement
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 26 JUIN 2026 - 16:16 WAT · 3 min de lecture

Au terme d’un jour de travaux intenses à Kisangani, les rideaux sont tombés, jeudi 25 juin 2026, sur l’atelier de réflexion et de partage d’expériences consacré à la foresterie communautaire dans la province de la Tshopo. Organisée par Tropenbos RDC en collaboration avec l’ONG canadienne IMPACT, cette rencontre a permis d’analyser sans complaisance les acquis et les défis persistants de ce secteur pour le développement durable.

La Tshopo, leader national avec 45 Concessions Forestières des Communautés Locales (CFCL) couvrant près de 1,2 million d’hectares, se trouve à la croisée des chemins. C’est fort de ce constat que l’atelier, inscrit dans le projet « Favoriser la résilience en RDC : adaptation aux changements climatiques et protection des forêts dans les communautés minières », a mobilisé l’ensemble des communautés locales, l’administration provinciale, les autorités coutumières, les peuples autochtones et la société civile.

Lors des travaux, le Directeur adjoint de Tropenbos RDC, Charles Mpoyi, a salué le dynamisme de la province tout en soulignant la nécessité d’une remise en question. « Il y a eu des succès, mais également des défis et des leçons importantes qui méritent d’être analysés afin d’améliorer davantage le processus », a-t-il déclaré à BETO.CD, peu avant de rappeler que la gestion durable nécessite de passer de la simple phase d’attribution des titres à celle de l’exploitation responsable au profit des populations.

La ministre provinciale de l’Environnement, Bijou Koy, a pour sa part insisté sur la dimension participative de la gouvernance forestière. « Cet atelier constitue un cadre privilégié pour dégager ensemble des pistes d’amélioration vers une gestion plus transparente de nos ressources. »

À en croire les acteurs, la volonté des communautés de gérer leurs forêts ne suffit pas si elle n’est pas assortie d’un encadrement technique rigoureux. Pour le CT Joseph Lissingi, enseignant à l’ISA/Bengamisa et participant, l’échec potentiel de certaines CFCL tient à l’absence d’experts sur le terrain.
« Un plan simple de gestion est un document très technique et financier. Une ménagère ou un simple agronome ne peut le réaliser seul. Il faut une équipe pluridisciplinaire — forestiers, zootechniciens, phytotechniciens — pour accompagner les communautés », a-t-il soutenu.

Selon lui, c’est à ce prix, et par l’autoprise en charge des communautés, que les CFCL pourront réellement devenir des moteurs de développement, freinant ainsi l’exode rural vers Kisangani. Tropenbos RDC a été félicité pour ses efforts visant à briser la marginalisation historique de ces derniers. Pour M. Lissingi, leur implication est une opportunité stratégique. « Ils possèdent des savoirs endogènes inestimables. Si nous les associons, nous pourrons concevoir des modèles de développement adaptés à nos réalités locales, loin des seuls dogmes occidentaux. », a-t-il ajouté.

Ces travaux ont permis d’évaluer les expériences spécifiques menées dans les territoires de Bafwasende. Les recommandations formulées à l’issue de cet atelier visent désormais à renforcer le rôle des CFCL dans la lutte contre le changement climatique tout en garantissant des revenus pérennes aux communautés riveraines.
Avec l’appui financier de l’Ambassade de Suède, cette initiative marque une étape décisive pour faire de la forêt tshopolaise, non plus une simple réserve de ressources, mais un levier de transformation socio-économique durable pour la province.

Serge SINDANI

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