RDC : le « Likweli », une nouvelle espèce de singe officiellement identifiée dans le parc national de la Lomami
RDC : le « Likweli », une nouvelle espèce de singe officiellement identifiée dans le parc national de la Lomami
AFP
Une nouvelle espèce de singe, baptisée Colobus congoensis et localement appelée « Likweli », a été officiellement identifiée dans le parc national de la Lomami, en République démocratique du Congo (RDC). L’annonce a été faite ce jeudi 16 juillet par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) sur son compte X.
Présentée comme une espèce unique au monde, cette découverte constitue une avancée majeure pour la science et un succès important pour les efforts de conservation de la biodiversité en RDC.
Une identification confirmée après plusieurs années de recherches
L’existence du « Likweli » n’était pas totalement inconnue des chercheurs. L’animal avait été observé pour la première fois en 2008 dans les forêts du bassin du Congo. À l’époque, seule une photographie de mauvaise qualité avait pu être obtenue, insuffisante pour confirmer qu’il s’agissait d’une espèce distincte.
Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, à la faveur de nouvelles observations, que des recherches scientifiques approfondies ont été entreprises. Des analyses génétiques, anatomiques et acoustiques ont finalement permis de démontrer qu’il s’agit bien d’une espèce jusqu’alors inconnue de la science.
Les résultats de ces travaux ont été publiés dans la revue scientifique PLOS ONE, consacrant ainsi la reconnaissance officielle du Colobus congoensis.
Un primate aux caractéristiques uniques
Le « Likweli » se distingue par un pelage noir brillant, une longue queue recourbée et, surtout, une tache orange crème éclatante autour de la bouche et du nez, formant un masque facial caractéristique.
Les communautés locales connaissaient déjà cet animal et l’avaient nommé « Likweli ». Les scientifiques ont, quant à eux, retenu la dénomination latine Colobus congoensis. L’espèce appartient à la famille des colobes et présente certaines similitudes avec Colobus satanas, tout en s’en distinguant par sa taille plus modeste, son masque facial unique et ses vocalisations spécifiques.
Autre particularité, les deux espèces sont séparées par plus de 1 200 kilomètres de forêt tropicale, ce qui témoigne de l’isolement géographique du « Likweli ».
Une espèce déjà menacée
Malgré l’importance de cette découverte, les scientifiques alertent déjà sur les menaces qui pèsent sur cette nouvelle espèce.
La déforestation et la chasse demeurent les principaux risques pour sa survie dans le parc national de la Lomami. Face à cette situation, les chercheurs recommandent son inscription urgente sur la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans une catégorie de menace appropriée afin de renforcer sa protection.
Pour les experts, cette découverte illustre à la fois les progrès de la recherche scientifique et la vulnérabilité de la biodiversité mondiale.
«La découverte du Colobus congoensis est à la fois un triomphe scientifique et un terrible rappel que certaines des formes de vie les plus rares sur Terre peuvent disparaître avant même que le monde n’ait connaissance de leur existence », a déclaré Kate Detwiler, co-auteure de l’étude.
Christian T. ÉZÉCHIEL
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