Politique Guerre de Six Jours à Kisangani : 25 ans après, toujours aucune enquête criminelle (Amnesty)
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Guerre de Six Jours à Kisangani : 25 ans après, toujours aucune enquête criminelle (Amnesty)

Illustration : Cimetière mémorial de la Guerre de Six Jours (juin 2000) à Kisangani. Photo-archives. ©️ droits tiers
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 5 JUIN 2025 - 13:35 WAT · 3 min de lecture

En ce 5 juin 2025, la République démocratique du Congo se souvient de la Guerre de Six Jours, qui a ravagé la ville de Kisangani, dans l’actuelle province de la Tshopo. Vingt-cinq ans après ces affrontements meurtriers entre les armées rwandaise et ougandaise, aucune enquête criminelle ni aucun procès n’a été engagé, déplore Amnesty International.

Dans un rapport publié à cette occasion, l’ONG de défense des droits humains juge inacceptable qu’aucune juridiction, ni nationale ni internationale, n’ait à ce jour établi de responsabilité individuelle dans les crimes commis à Kisangani, et que les personnes impliquées continuent de circuler librement.

« Il est absolument inacceptable que, pendant 25 ans, pas une seule personne n’ait été amenée à répondre des crimes perpétrés à Kisangani, pas une. Le fait que personne n’ait été poursuivi pour les crimes passés a alimenté une spirale de la violence en RDC, qui a impliqué des acteurs, des armes et des souffrances similaires. La justice ne saurait attendre 25 années supplémentaires », s’est alarmé Tigere Chagutah, directeur général de l’organisation pour l’Afrique de l’est et australe.

Pour Amnesty, le manque de volonté politique, l’absence d’indépendance de la justice congolaise, ainsi que les chevauchements juridiques entre le Code pénal civil et militaire, avant et après la Constitution de 2006, figurent parmi les principaux blocages à l’ouverture de poursuites pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide.

L’ONG rappelle qu’il revient aux autorités judiciaires congolaises d’initier des enquêtes et, s’il existe des preuves suffisantes, de poursuivre les personnes soupçonnées de responsabilités dans ces crimes.

Les Cours internationales : les poings liés ?

Du côté des juridictions internationales, les avancées restent minimes. Les différentes guerres qui ont secoué Kisangani entre 1999 et 2000 (Guerre de Trois Jours, Guerre d’Un Jour et Guerre de Six Jours), n’ont débouché sur aucune procédure judiciaire internationale directe, les tribunaux invoquant leur incompétence.

La Cour pénale internationale (CPI), que la RDC a rejointe après la ratification du Statut de Rome, n’a pas pu examiner les crimes de Kisangani, ceux-ci ayant été commis avant sa création, en juillet 2002.
Quant à la Cour internationale de justice (CIJ), saisie par Kinshasa contre le Rwanda et l’Ouganda, elle s’était déclarée incompétente à juger Kigali, mais avait rendu un jugement en 2005 condamnant l’Ouganda pour violation du droit international humanitaire.

En 2022, la CIJ a ordonné à Kampala de verser 325 millions de dollars à la RDC, en réparation des préjudices causés à Kisangani et dans l’est du pays. Ce montant doit être payé en cinq tranches annuelles de 65 millions de dollars, à partir de 2022.

La Guerre de Six Jours, qui s’est déroulée du 5 au 10 juin 2000, a été marquée par des bombardements intenses et aveugles de zones densément peuplées par les Forces rwandaises et ougandaises. Le bilan officiel fait état de plus de 1 000 morts, majoritairement civils, de nombreuses femmes violées, des maisons pillées, et d’importants dégâts matériels.

F. ISSA

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