Droits humains Haut-Katanga : le CDC dénonce des menaces d’arrestation visant son coordonnateur Pacifique Sukisa-Makasi à Sakania

Haut-Katanga : le CDC dénonce des menaces d’arrestation visant son coordonnateur Pacifique Sukisa-Makasi à Sakania

Le coordonnateur national du Collectif des démocrates congolais dit faire l’objet de menaces d’arrestation et d’intimidations de la part des autorités territoriales de Sakania, qui l’accusent de liens avec l’AFC/M23 et le Front de refondation de la nation. Installé dans le territoire pour une coopérative agricole, il dit aussi voir le renouvellement de son passeport bloqué par l’ANR depuis mai 2026.

Le coordonnateur national du Collectif des démocrates congolais, Pacifique Sukisa-Makasi dans son champ à Sakania
AFP

Rédaction Kinshasa
Kinshasa - 30 OCTOBRE 2026 - 22:07 WAT · 4 min de lecture

Le coordonnateur national du Collectif des démocrates congolais (CDC), Pacifique Sukisa-Makasi, fait l’objet de menaces d’arrestation et d’intimidations de la part des autorités territoriales de Sakania, dans la province du Haut-Katanga. Selon les informations communiquées par le CDC, cet acteur politique est accusé en faux d’entretenir des liens avec la rébellion de l’AFC/M23 et le Front de refondation de la nation (FRN), une structure politique associée à l’ancien président Joseph Kabila.

Installé à Sakania pour développer un projet de coopérative agricole destiné à lutter contre le chômage et la malnutrition, Pacifique Sukisa-Makasi se retrouve au centre de tensions avec certaines autorités locales.

Selon le Collectif des démocrates congolais, l’administrateur du territoire adjoint l’a accusé de collaborer avec la rébellion du M23 et d’avoir participé à la création du Front de refondation de la nation.

Ces accusations, dont aucun élément de preuve n’a été communiqué dans les informations portées à notre connaissance, sont rejetées par le Collectif des démocrates congolais, qui dénonce une tentative d’assimiler ses activités politiques à des mouvements rebelles.

Les tensions surviennent alors que Pacifique Sukisa-Makasi fait déjà face à un différend administratif concernant le renouvellement de son passeport.

D’après son entourage, sa demande a été bloquée depuis mai 2026 par l’Agence nationale de renseignements (ANR), malgré plusieurs démarches administratives et une saisine du ministère des Droits humains.

Cette situation limiterait ses possibilités de déplacement, alors qu’aucune explication officielle sur les motifs du blocage n’a été fournie dans les éléments disponibles.

Concernant les accusations formulées à Sakania, la défense de Pacifique Sukisa-Makasi estime qu’elles reposent sur une interprétation de ses anciennes prises de position politiques.

Le coordonnateur du CDC s’est notamment prononcé en faveur de l’organisation d’un dialogue national et d’une refondation des institutions de la République démocratique du Congo. Pour ses proches, ces positions ne sauront constituer une preuve d’appartenance à une organisation rebelle.

L’activiste a également expliqué aux autorités territoriales que sa présence à Sakania était exclusivement liée à la mise en place d’une coopérative agricole destinée à soutenir l’emploi et la production alimentaire locale.

Selon le CDC, ces explications n’auront toutefois pas convaincu les responsables locaux. L’un d’eux avait évoqué une région « envahie par des traîtres sous couvert de projets humanitaires ».

L’audition de Pacifique Sukisa-Makasi avait finalement été interrompue après l’intervention d’un tiers officiel. Des avertissements auraient néanmoins été formulés à son encontre, faisant craindre une éventuelle arrestation.

Face à cette situation, le CDC et les proches de son coordonnateur national expriment leurs inquiétudes pour sa sécurité et son intégrité physique.

Ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme une utilisation des services de sécurité à des fins de pression politique et demandent que les droits de Pacifique Sukisa-Makasi soient respectés.

Les accusations visant l’activiste, les circonstances de son audition ainsi que les menaces d’arrestation rapportées par son entourage n’ont pas fait l’objet d’une confirmation indépendante. La position officielle des autorités territoriales de Sakania et celle de l’ANR ne sont pas connues à ce stade.

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