Liste grise du GAFI : la RDC en sort après quatre ans, en même temps que Monaco, la Bulgarie et la Côte d’Ivoire
La décision est tombée à la plénière d’octobre 2026 du Groupe d’action financière. La RDC était sous surveillance renforcée depuis octobre 2022 et devait exécuter vingt-trois actions. Entre 2022 et décembre 2025, les autorités revendiquent 540 contrôles, 246 enquêtes, une centaine de poursuites, 31 saisies et 13 confiscations pour 46,75 millions de dollars.
Liste grise du GAFI : la RDC en sort après quatre ans, en même temps que Monaco, la Bulgarie et la Côte d’Ivoire
AFP
La République démocratique du Congo quitte la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée du Groupe d’action financière. La décision est tombée à la plénière d’octobre 2026 de l’organisation, et le ministère des Finances l’a annoncée le 30 octobre par un communiqué officiel. Le pays était resté quatre ans sur cette liste, communément appelée liste grise.
Trois autres juridictions sorties le même jour
La RDC n’est pas seule à sortir lors de cette plénière. Monaco, la Bulgarie et la Côte d’Ivoire figurent également parmi les juridictions retirées de la surveillance renforcée. Pour la Côte d’Ivoire comme pour la RDC, il s’agit d’une sortie attendue après plusieurs mois de travaux avec les organismes régionaux de type GAFI.
Quatre ans sur la liste, vingt-trois actions à exécuter
La RDC avait été placée sous surveillance renforcée en octobre 2022. Le plan d’action arrêté avec le GAFI comptait vingt-trois actions, portant sur le cadre juridique, la supervision fondée sur les risques, les capacités de la Cellule nationale des renseignements financiers, les enquêtes et poursuites, la saisie et la confiscation des produits du crime, les sanctions financières ciblées et la coopération.
Le calendrier des derniers mois se lit dans nos propres archives. En juin, le gouvernement passait en revue l’avancement du plan. En juillet, la CENAREF entrait au Groupe Egmont, le réseau mondial des cellules de renseignement financier. En septembre, le ministère des Finances lançait les préparatifs de la visite du GAFI à Kinshasa, étape qui précède une décision de retrait.
Ce que disent les chiffres de l’effort
Le communiqué chiffre le travail accompli entre 2022 et décembre 2025. La CENAREF, l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances et la Banque centrale du Congo ont mené environ 540 contrôles sur pièces et sur place. Sur 246 enquêtes ouvertes en matière de blanchiment, de financement du terrorisme et de financement de la prolifération, les autorités judiciaires ont engagé environ 100 poursuites, soit un dossier sur deux et demi.
Ces procédures ont produit 31 saisies et 13 confiscations d’avoirs d’origine criminelle, pour un montant total estimé à 46,75 millions de dollars. Deux saisies sur cinq ont donc abouti à une confiscation. Rapporté au taux de change de 2 300 francs retenu par le projet de budget 2027, ce montant représente environ 107 milliards de francs congolais sur quatre ans, soit un peu moins que les 110 milliards que le même budget inscrit en réserve pour calamités et sinistres pour la seule année 2027.
Ce que la sortie change
Le retrait met fin au placement sous surveillance renforcée. Concrètement, les banques étrangères appliquent aux pays listés une vigilance accrue sur chaque opération, ce qui renchérit et ralentit les paiements, et pousse certaines d’entre elles à rompre leurs relations de correspondance bancaire. Le ministère attend de la sortie qu’elle consolide ces relations, facilite les paiements transfrontaliers et les échanges commerciaux, et favorise la mobilisation des investissements dans les secteurs minier, énergétique, industriel et des infrastructures.
Le communiqué pose lui-même la condition : « la concrétisation de ces opportunités dépendra de la poursuite des réformes engagées, du renforcement de l’intégrité du système financier et de l’amélioration du climat des affaires ». Un pays retiré de la liste grise reste suivi par son organisme régional de type GAFI, et la RDC continuera donc de rendre compte au GABAC. Le chantier voisin, celui de la réforme des administrations fiscales menée avec Washington et le Fonds monétaire international, avance en parallèle.
Rédaction
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